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Le Guatemala surveillera une famille de Lev Tahor, à la demande du Canada

17/03/2014 11:10 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT

TORONTO - Les autorités du Guatemala ont accédé à une demande du Canada de garder un oeil sur une des deux familles de la secte juive Lev Tahor qui se trouvent sur leur territoire, a affirmé lundi un porte-parole du ministère de l'Immigration de ce pays d'Amérique centrale.

Les membres de Lev Tahor se trouvent au Guatemala en toute légalité et n'ont contrevenu à aucune loi, a déclaré Fernando Lucero. Les autorités attendent de voir si Interpol émettra un mandat d'arrêt.

Selon M. Lucero, la famille, composée d'un couple et de six enfants âgés entre huit mois et 15 ans, est entrée de façon légale au pays le 4 mars dernier, et le Canada a demandé qu'elle soit surveillée parce qu'elle a fui le pays alors qu'elle faisait l'objet d'une enquête, en Ontario.

Les membres avaient été arrêtés à Panajachel parce qu'on les soupçonnait d'avoir commis un crime, a rapporté le porte-parole. Ils ont comparu devant un juge vendredi mais ont été relâchés, faute de preuves.

Deux familles de la secte devaient comparaître lundi en cour familiale dans la ville de Solola, selon le porte-parole de Lev Tahor, Uriel Goldman. M. Lucero a affirmé attendre de voir les résultats de cette audience.

Il n'était pas possible de savoir pourquoi une seule des deux familles faisait l'objet de la requête des autorités canadiennes.

M. Goldman soutient que les deux familles au Guatemala n'ont rien fait de mal. «Pour ces deux familles, il n'y a aucune inquiétude à se faire pour les parents comme pour les enfants», a-t-il dit en entrevue depuis Chatham, en Ontario.

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a affirmé que les autorités consulaires au Guatemala étaient en contact avec les autorités locales dans ce dossier.

Environ 200 membres de la secte — dont 114 enfants — se sont installés à Chatham vers la fin de l'année dernière après avoir déguerpi de Sainte-Agathe-des-Monts, dans les Laurentides, pour fuir la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) québécoise, qui devait prendre en charge 14 de leurs enfants. La DPJ avait passé une année à enquêter sur des problèmes liés à l'hygiène et à la santé, et sur des informations à l'effet que les enfants ne suivaient pas le programme scolaire provincial.

La semaine dernière, des familles faisant partie de la secte juive ultraorthodoxe ont quitté le Canada pour le Guatemala, pendant de nouvelles procédures judiciaires concernant la garde de leurs enfants. Neuf membres ont toutefois été interceptés à Trinité-et-Tobago et ont dû rebrousser chemin sur ordre de ce pays. Deux mineurs — une jeune mère et son enfant — arrêtés à Calgary ont ensuite été remis aux services sociaux de l'Ontario.

Joel Helbrans, un membre de la secte âgé de 21 ans, a affirmé que les autorités avaient «kidnappé» une adolescente mariée de 17 ans qu'ils gardaient de tout contact avec l'extérieur.

Ce père de trois enfants a ajouté qu'il ne savait pas ce qui était arrivé à cinq filles et possiblement un garçon qui auraient été transportés à l'hôpital la semaine dernière, après avoir fait la grève de la faim pour retourner auprès de leur famille. Le groupe a nié toutes les allégations de mauvais traitements.

«Personne ne peut prétendre que les enfants sont victimes de mauvais traitements», a affirmé M. Helbrans.

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