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La Crimée demande à la Russie son rattachement, mobilisation partielle en Ukraine

17/03/2014 07:07 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT

La Crimée a proclamé son indépendance et demandé officiellement lundi son rattachement à la Russie, alors que le parlement ukrainien a voté une mobilisation partielle de ses forces armées.

Ces premières décisions d'intégration à la Russie suivent le référendum en Crimée qui a approuvé dimanche à près de 97% le rattachement de cette péninsule ukrainienne à la Fédération de Russie.

La consultation a été dénoncée par les Occidentaux, qui s'apprêtent à adopter lundi de nouvelles sanctions contre Moscou. De son côté, le président russe Vladimir Poutine s'exprimera sur la Crimée mardi devant le parlement russe.

Les résultats définitifs du référendum, d'abord annoncés à 96,6% des votants par le Premier ministre Serguiï Axionov, ont finalement été portés à 96,77% lundi matin par la commission électorale.

Dans la foulée, le parlement de la Crimée a proclamé l'indépendance de la péninsule de l'Ukraine et demandé son rattachement à la Russie. Tous les 85 députés de l'assemblée se sont prononcés pour la nationalisation par la Crimée de tous les biens de l'Etat ukrainien qui s'y trouvent, l'introduction du rouble comme monnaie officielle avec la hryvnia et le démantèlement des unités militaires ukrainiennes.

"La République de Crimée" demande à la Russie son "intégration en qualité de nouveau sujet de la Fédération de Russie avec statut de république", indique le document adopté par les députés séparatistes.

Elle demande aussi "aux Nations unies et à tous les pays du monde de la reconnaître comme un Etat indépendant".

- La Crimée à l'heure de Moscou -

Le document précise que les lois ukrainiennes ne s'appliquent plus en Crimée et que les autorités de Kiev n'y exercent plus aucune autorité. Le président du parlement sécessionniste Volodymyr Konstantinov a précisé que les unités militaires ukrainiennes présentes en Crimée "seraient dissoutes" et que les soldats ukrainiens devaient se "rallier ou partir".

"Ceux (les militaires) qui veulent vivre ici, le pourront. Nous examinerons la question de ceux qui veulent prêter serment" aux nouvelles autorités sécessionnistes, a-t-il ajouté.

La Crimée passera le 30 mars au fuseau horaire de Moscou, en avance de 2 heures sur Kiev actuellement en vigueur, a indiqué le Premier ministre pro-russe Serguiï Axionov, avant de prendre l'avion pour Moscou à la tête d'une délégation.

A Kiev, le Parlement ukrainien a approuvé au même moment une mobilisation partielle de ses forces armées pour faire face à "l'ingérence de la Russie dans les affaires intérieures de l'Ukraine".

275 députés ont approuvé cette mobilisation demandée par le président par intérim Olexandre Tourtchinov qui a qualifié auparavant le référendum de "grande farce".

Les députés ont également approuvé l'octroi de près de 6,9 milliards de hryvnias supplémentaires (530 millions d'euros) pour assurer l'aptitude au combat des forces armées. Les soldats ukrainiens déployés en Crimée "resteront là-bas", a affirmé le ministre ukrainien de la Défense Igor Tenioukh, lors d'une conférence de presse.

- Sanctions ciblées -

A Moscou, les médias saluaient presque tous le résultat du référendum. "Gloire à la Crimée", titrait le quotidien Kommersant généralement plus réserve dans ses gros titres. "La Crimée retourne en Russie!", s'enthousiasmait le journal populaire pro-Kremlin Komsomolskaïa Pravda.

A Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères devaient adopter des sanctions ciblées contre des responsables russes et ukrainiens pro-russes jugés impliqués dans l'intervention russe en Crimée.

L'UE a condamné le référendum "illégal et illégitime" et refusé de reconnaître son résultat.

Elle veut adresser "le message le plus fort possible" à la Russie, a dit la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton.

Le président américain Barack Obama a fait écho aux Européens en évoquant d'éventuelles sanctions supplémentaires contre Moscou, et en avertissant son homologue russe Vladimir Poutine que les Etats-Unis et leurs alliés ne reconnaîtraient "jamais" le référendum sur la Crimée de dimanche.

La crise, née en novembre d'un mouvement de contestation du pouvoir du président Viktor Ianoukovitch, aura accouché au bout de quatre mois de la pire crise diplomatique entre grandes puissances depuis la fin de l'Union soviétique en 1991. Et elle pourrait permettre à la Russie, une fois la Crimée absorbée, d'étendre son territoire pour la première fois depuis 1945.

- 'Nous rentrons à la maison' -

Selon les autorités séparatistes, le taux de participation a été de 81% pour cette consultation organisée en catastrophe dans une péninsule occupée depuis deux semaines par les troupes russes.

"Nous rentrons à la maison !" a lancé le Premier ministre de Crimée, Serguiï Axionov, place Lénine à Simféropol, avant d'entonner l'hymne national russe avec la foule et une chorale de chanteurs en tenue de marin de la Flotte de la mer Noire.

Les autorités sécessionnistes sont arrivées au pouvoir à Simféropol après la destitution à Kiev, le 22 février, du président Ianoukovitch et à la faveur d'un coup de force organisé par des civils pro-russes en armes et des milliers de soldats russes.

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