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La Chine nie tout mauvais traitement après la mort d'une dissidente

17/03/2014 08:46 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT

La Chine a nié lundi avoir privé de soins la dissidente chinoise Cao Shunli, morte vendredi après une détention qui a indigné les défenseurs des droits de l'homme et suscité des réactions de l'Union européenne et des Etats-Unis.

Cao Shunli, au terme d'une "longue maladie", est décédée à 52 ans d'une "défaillance polyviscérale provoquée par une tuberculose et une pneumonie aiguë, malgré tous les efforts pour la sauver", a affirmé Hong Lei, porte-parole de la diplomatie chinoise.

"Durant sa maladie elle a bénéficié d'un traitement médical sérieux et ses droits et ses intérêts ont été préservés conformément à la loi", a-t-il ajouté.

M. Hong a fait part du "vif mécontentement" et de la "ferme opposition" de la Chine concernant les "remarques erronées" émises par des pays occidentaux après la mort de Cao Shunli. Ces pays selon lui se sont rendus coupables d'une "ingérence" dans les affaires intérieures de la Chine "sur le prétexte des droits de l'homme".

Washington s'est dit samedi "profondément troublé" par la mort de Cao Shunli, qui avait été arrêtée il y a cinq mois alors qu'elle voulait se rendre au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

La représentante de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, s'est de son côté déclarée "profondément attristée" par la mort de Cao Shunli, en rappelant que la Chinoise avait milité de façon pacifique, qu'elle avait disparu alors qu'elle était sur le point de se rendre à Genève et qu'elle n'avait jamais été inculpée lors de sa détention.

"Les autorités chinoises ont aujourd'hui du sang sur les mains", a pour sa part dénoncé dans un communiqué l'organisation Amnesty International.

Militante au long cours, Cao Shunli a notamment lutté pour que des membres de la société civile chinoise soient autorisés à participer à la rédaction du rapport, immanquablement élogieux, sur la situation des droits de l'homme en Chine, que Pékin présente aux Nations unies.

Les proches de Mme Cao ont affirmé à l'AFP que les autorités chinoises l'ont privée de ses médicaments durant plusieurs mois alors qu'elle était malade et détenue.

Sa libération conditionnelle, en attente de son procès, est intervenue fin février alors qu'elle était déjà au stade "terminal" de sa maladie, ont-ils assuré.

seb/ros

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