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Des crimes passés peuvent-ils être évoqués dans le procès d'un prêtre pédophile?

17/03/2014 05:33 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT

IQALUIT, Nunavut - Un juge pourrait tenir compte des condamnations passées d'un ancien prêtre à nouveau accusé de dizaines d'agressions sexuelles sur des enfants inuits.

Eric Dejaeger, un ancien oblat, fait face à 68 chefs d'accusation d'agression sexuelle sur des dizaines d'enfants entre 1978 et 1982, alors qu'il était missionnaire à Igloolik, au Nunavut. Les allégations sont diverses, allant de caresses à caractère sexuel à la sodomie d'une petite fille attachée avec du ruban adhésif sur le lit du prêtre.

Dejaeger avait plaidé coupable à huit autres accusations dès le début de son procès en novembre dernier. Il a affirmé sous serment que ces crimes avaient été commis sous l'impulsion du moment. Il a aussi laissé entendre que la nature des crimes démontrait qu'il n'était pas un homme violent.

Lundi, le procureur de la Couronne Doug Curliss a fait valoir que puisque Dejaeger avait lui-même soulevé la question de sa réputation et de ses bonnes moeurs devant le tribunal, la poursuite pouvait évoquer ses précédentes condamnations.

En 1989, Dejaeger a été condamné à cinq ans de prison pour 10 agressions sexuelles commises à Baker Lake, au Nunavut, après son départ d'Igloolik.

L'avocat de Dejaeger, Malcolm Kempt, a plaidé que le fait que son client avait commenté des accusations auxquelles il avait plaidé coupable au début de son procès n'était pas un motif suffisant pour évoquer ces informations.

Le juge Robert Kilpatrick doit rendre sa décision sur cette question ce mardi. Le procès devrait se conclure vendredi. Le juge n'a pas confirmé à quel moment il rendra son verdict; la transcription des procédures fait plus de 1500 pages.

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