Construction Garnier: un employé est à l'origine des perquisitions de l'UPAC

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MAISON SUZANNE BIBEAU
Radio-Canada

C'est un employé vigilant et honnête qui a mis l'Unité permanente anticorruption (UPAC) sur la piste du détournement de matériaux de construction, destinés au projet du train de l'Est, au profit de Suzanne Bibeau, la sœur de Marc Bibeau, grand argentier du PLQ sous le règne de Jean Charest.

Un texte de Isabelle RicherTwitterCourriel

C'est ce que révèle un document rendu public aujourd'hui par le tribunal et qui était, jusqu'à maintenant, caviardé en grande partie.

Le dossier, baptisé Modestie, prend sa source dans le projet de l'Agence métropolitaine de transport (AMT) qui prévoit la construction du train de l'Est reliant Mascouche à Montréal. En 2011, Construction Garnier, alors dirigé par Joe Borsellino, a obtenu un contrat de 30 508 991 $ pour des aménagements ferroviaires dans le secteur Le Gardeur.

Les compagnies Shockbéton et Saramac (toutes deux administrées par Marc Bibeau, ainsi que sa soeur Suzanne Bibeau dans le cas de Saramac) fournissent les produits de béton préfabriqués à titre de sous-traitants. C'est la compagnie Transport Camille Dionne qui transporte les matériaux.

Le 16 août 2013, un chauffeur de la compagnie Transport Camille Dionne reçoit le mandat de se rendre chez Shockbéton, à Saint-Eustache, pour transporter de la marchandise. Un répartiteur de la compagnie lui demande de se rendre chez Saramac pour « une commande spéciale pour le big boss ». Le chauffeur de camion se rend donc chez Saramac, à Terrebonne, et y trouve des bons de livraison portant le numéro S-016. Ce numéro correspond au code du chantier de l'AMT de la section Le Gardeur où il avait fait une livraison le jour même.

Mais à l'usine Saramac, on l'informe que le chargement de dalles de béton préfabriquées est plutôt destiné à la résidence de Suzanne Bibeau, au 473 des Érables, à Laval. Le chauffeur de camion livre donc les dalles à cette adresse. Il expliquera plus tard aux policiers avoir observé la construction d'un grand patio de 50 pieds sur 40 pieds autour d'une piscine, à l'arrière de la résidence.

Alors qu'il retourne chez Saramac pour prendre possession d'un deuxième chargement, on l'avise de déposer le tout chez Shockbéton à Saint-Eustache, puisque le chantier de construction du patio à Laval était maintenant fermé.

L'employé de Transport Camille Dionne a décidé de prendre en photo le dernier chargement, de conserver les bons de commande et de prévenir l'UPAC.

Avec de telles preuves en main, les policiers de la SQ ont pris des photos aériennes du chantier de la maison de Laval le 23 août 2013. Munis de tous ces éléments, et estimant que des tiers avaient pris un arrangement pour que ce détournement de matériaux soit fait au bénéfice de Suzanne Bibeau, l'UPAC a obtenu un mandat de perquisition chez Construction Garnier afin de démontrer qu'une fraude avait été commise.

L'enquête sur un présumé stratagème de financement illégal au PLQ est toujours en cours et la multiplication des perquisitions de l'UPAC a permis aux policiers d'établir un lien entre les documents saisis à la permanence du PLQ le 9 juillet dernier et les entreprises de Marc Bibeau

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