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Charte des valeurs: rien n'empêchera le secteur privé d'emboîter le pas

17/03/2014 07:34 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT

LONGUEUIL, Qc - La charte des valeurs et sa pièce maîtresse, l'interdiction du port des signes religieux, pourraient s'étendre bien au-delà du secteur public.

Si la charte est conçue pour les employés de l'État, rien n'empêchera les boutiques, supermarchés et autres commerçants d'emboîter le pas au gouvernement et de s'inspirer des mesures pour leur politique interne, a reconnu lundi la chef péquiste Pauline Marois.

Pour autant qu'elles respectent les balises assurant l'égalité des hommes et des femmes, les entreprises privées «seront libres d'appliquer les politiques qui leur conviennent», a dit Mme Marois à l'occasion d'un point de presse à Longueuil au 13e jour de la campagne électorale.

L'interdiction du port des signes religieux dans les entreprises privées est une «question pour l'instant hypothétique», a ajouté la leader souverainiste, rappelant que la charte n'est toujours pas adoptée. Néanmoins, le gouvernement n'entend pas, après l'adoption formelle de la charte, dicter une ligne de conduite aux entreprises.

«Il n'y aura pas d'obligation pour personne sauf pour s'assurer que les valeurs que sont l'égalité entre les hommes et les femmes soient dans l'ensemble de notre société respectées», a déclaré Mme Marois.

Piloté par le ministre des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, le projet de charte des valeurs de laïcité comporte des balises pour les accommodements religieux et prévoit proscrire le port de signes religieux visibles pour les employés de la fonction publique, des hôpitaux, des écoles, des garderies subventionnées et autres institutions sous la houlette de l'État. Le secteur privé n'est pas épargné puisque certaines entreprises sous contrat avec l'État, dans le secteur informatique par exemple, devront aussi se soumettre aux exigences vestimentaires édictées par la charte.

Lors d'un court impromptu de presse, le vice-premier ministre et candidat dans la circonscription d'Abitibi-Ouest, François Gendron, a admis que le gouvernement ne pourra empêcher le secteur privé d'appliquer la charte en tout ou en partie, une fois le document adopté.

Le gouvernement, a-t-il dit, n'a pas à s'immiscer dans la façon dont se gouvernent les entreprises.

«Ça ne nous regarde pas si elles veulent le faire (appliquer la charte), je viens de le dire, ça ne nous regarde pas si elles veulent le faire. Vous comprenez ça? (...) Le privé ne nous regarde pas, c'est une charte pour les secteurs public et parapublic», a-t-il insisté sur un ton impatient.

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