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Burundi: un responsable politique légèrement blessé dans une attaque à la grenade

17/03/2014 06:56 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT

Un responsable d'un des principaux partis politiques burundais, l'Uprona, a été légèrement blessé dans la nuit de dimanche à lundi dans une attaque à la grenade qu'il attribue à un règlement de compte au sein de sa propre formation.

L'Uprona s'est récemment scindée en deux. Une branche, majoritaire, a claqué la porte du gouvernement, pour protester contre une opération de noyautage de sa direction. L'autre est restée proche du parti au pouvoir, le Cndd-FDD.

Le responsable attaqué, Gaston Sindimwo, membre de l'aile pro-gouvernementale, dit avoir été visé par deux grenades alors qu'il était sorti de sa maison "pour aller prendre une mallette" dans sa voiture. "Deux jeunes gens m'attendaient, (...), ils m'ont lancé délibérément une première, puis une deuxième grenade", a-t-il ajouté.

Il a été atteint de six éclats de grenade au dos et sa vie n'est pas en danger, a constaté un journaliste de l'AFP. En revanche, le pronostic vital d'un veilleur de nuit présent au moment de l'attaque est engagé, selon la police.

"Je suis sûr que cet attentant (...) a été commandité par mes adversaires politiques" au sein de l'Uprona, a accusé M. Sindimwo.

L'autre aile a cependant démenti tout implication : "tuer ne fait pas partie des méthodes de l'Uprona et cela ne nous avancerait à rien car le Cndd-FDD le remplacerait immédiatement", a réagi son porte-parole, Tatien Sibomana, appelant la police à ne pas utiliser cette tentative d'assassinat pour "lancer une chasse aux sorcières au sein" de la formation politique.

Les récentes tensions entre l'Uprona, par ailleurs principal parti tutsi du pays, et le Cndd-FDD, ex-rébellion hutu, menacent le délicat partage du pouvoir entre la minorité tutsi et la majorité hutu du Burundi, qui peinent toujours à se réconcilier après des décennies de conflit souvent sanglant.

Mais pour les observateurs, cette rupture entre les deux partis est un signe clair que le président burundais Pierre Nkurunziza est prêt à tout pour décrocher un troisième mandat en 2015.

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