POLITIQUE

La mission en Afghanistan valait-elle le coût?

16/03/2014 05:17 EDT | Actualisé 16/05/2014 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
Soldiers with the Canadian Army's 1st Battalion Royal 22nd Regiment return to base on their final operation Thursday, June 30, 2011 in the Panjwaii district of Kandahar province, Afghanistan. Canadian combat operations will end in July as troops withdraw from the southern region and hand control over to the Americans. Canada will transition to a non-combat training role with up to 950 soldiers and support staff to train Afghan soldiers and cops in areas of the north, west and Kabul. (AP Photo/David Goldman)

OTTAWA - Alors que les cent derniers soldats sont sur le chemin du retour après la mission canadienne d'une dizaine d'années en Afghanistan, des familles de militaires, des diplomates et autres entrepreneurs envoyés en sol afghan tentent de répondre à une délicate question: est-ce que cela valait la peine?

Le pays qu'ils laissent derrière eux est loin d'être sécuritaire. C'est ce qui a mené Michael Hornburg, dont le fils, le caporal Nathan Hornburg, a perdu la vie en Afghanistan à l'âge de 24 ans, à se questionner sur la présence occidentale dans le pays.

Bien qu'il soutienne les droits humains partout dans le monde, il ne comprend pas comment les Forces armées canadiennes auraient pu stabiliser l'Afghanistan.

Anne Snyder a également perdu un fils, le capitaine Jon Snyder, âgé de 26 ans en 2008.

Mme Snyder se pose aussi des questions semblables. Elle se demande si les Afghans voulaient de la présence militaire occidentale chez eux. Était-ce une bataille perdue d'avance?, s'interroge-t-elle lorsqu'elle voit les conditions de pauvreté dans lesquelles vit toujours la population d'Afghanistan.

«Je ne veux pas penser que mon fils soit mort pour rien», a-t-elle dit.

La mère du soldat Braun Woodfield, décédé à 24 ans en 2005, a pour sa part l'impression que la Canada a envoyé une équipe militaire «mal préparée, inadéquatement équipée» sur une mission qui était au-delà de nos moyens. Aussi se demande-t-elle si quelqu'un avait un quelconque gain politique à faire en l'envoyant.

Ce qui unit ces familles endeuillées, c'est la pensée que, malgré que la fin de cette guerre semble incertaine et opaque, un de leurs proches est décédé en défendant le bien d'autrui.

«De dire que notre engagement n'en valait pas la peine serait déshonorant pour mon mari, pour tout ce qui a compté pour lui et ce vers quoi il a travaillé durant sa longue carrière», a affirmé Valerie Berry, dont le mari, le directeur politique de la base de reconstruction de Kandahar Glenn Berry, est décédé à l'âge de 59 ans, en 2006.

«Ça n'a pas été une conclusion parfaite, il y a toujours de l'instabilité et des conflits dans la région et il reste beaucoup à faire aux Afghans eux-mêmes. Mais je crois que la qualité de vie de beaucoup de gens s'est améliorée, en partie grâce à notre engagement.»

«Est-ce que ça valait la peine de sacrifier des vies?, a-t-elle poursuivi. Je pense que nous mourrons tous un jour, et si c'est en servant son pays de la manière la plus louable, on ne peut demander plus.»

Beverly Skaalrud, la mère du soldat Woodfield, n'est pas du même avis.

«Si ça valait la peine? Non. Je ne crois pas que ça valait la perte de Canadiens. Je ne peux qu'espérer que les femmes et les enfants d'Afghanistan ont acquis une goût de liberté qui les poussera à se battre.»

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