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L'Espagne expulse un Marocain condamné à la prison pour son implication dans les attentats de Madrid

16/03/2014 02:21 EDT | Actualisé 16/05/2014 05:12 EDT

L'Espagne a expulsé dimanche un Marocain, libéré après avoir purgé une peine de 10 ans de prison pour avoir fourni les explosifs ayant servi pour les attentats contre les trains à Madrid en 2004 qui avait fait 191 morts, a annoncé un porte-parole du ministère de l'Intérieur.

L'Audience nationale, la plus haute instance judiciaire en Espagne, avait condamné Rafa Zouhier, 34 ans, à dix ans de détention en 2007 pour avoir collaboré avec la cellule islamiste qui avait commis les attentats les plus meurtriers de l'histoire du pays.

Le tribunal avait statué que Zouhier avait agi en tant qu'intermédiaire entre un ancien mineur espagnol qui avait fourni les substances explosives utilisées dans les attaques et le chef de la cellule qui a commis les attentats, mais qu'il ignorait quel usage devait en être fait.

Bien que Zouhier, un ancien trafiquant de drogue converti en indicateur de la police, n'avait été condamné pour trafic d'armes qu'en 2007, il était derrière les barreaux depuis le 19 mars 2004.

La police espagnole l'a escorté jusqu'à Tanger, dans le nord du Maroc immédiatement après sa sortie de la prison Puerto de Santamaria à Cadix (sud-ouest) dimanche à l'aube, a indiqué le porte-parole.

Zouhier, originaire de Casablanca, qui était venu habiter en Espagne lorsqu'il était encore un adolescent, a été expulsé au Maroc en vertu d'une disposition dans la loi espagnole qui rend susceptible d'être expulsée toute personne condamnée pour un grave délit.

Au cours du procès Zouhier s'était proclamé "complètement innnocent", et avait été expulsé de la salle du tribunal à quatre occasions, dont une fois pour avoir donné un coup de coude à un autre inculpé.

Les procureurs avaient réclamé une peine de vingt ans de prison pour Zahier pour son implication dans les attentats à la bombe.

Des associations représentant les victimes des attentats se sont félicitées de la rapide expulsion d'Espagne.

"Nous sommes soulagées, satisfaites et heureuses car le risque qu'il représentait pour la société est maintenant au Maroc", a déclaré à la radio RNE, Pilar Manjon, la présidente de l'Association des victimes du 11 mars, qui a perdu son fils âgé de 20 ans dans les attentats.

En 2007, un procès fleuve avait abouti à la condamnation de 21 personnes, avec deux peines de prison record de près de 43.000 ans.

Trois semaines après les attentats qui avaient fait 191 morts et environ 2.000 blessés dans quatre trains de banlieue à Madrid, sept hommes considérés comme les principaux poseurs de bombes s'étaient suicidés le 3 avril 2004 à l'explosif dans un appartement de Leganes, dans la banlieue de la capitale, alors cerné par la police.

ds/sym/jls

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