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Les électeurs criméens choisissent en bloc la réunification à la Russie

16/03/2014 04:19 EDT | Actualisé 15/05/2014 05:12 EDT

SIMFEROPOL, Ukraine - Des pétards retentissaient et des drapeaux russes étaient agités par une foule en liesse, dimanche, après que les résidants de la Crimée eurent massivement voté en faveur de la réunification de la région à la Russie.

Plus de 95 pour cent des électeurs au référendum appuyaient la réunification de la région à la Russie après le dépouillement de 50 pour cent des urnes, a indiqué tard en fin de journée le directeur du comité référendaire, Mikhaïl Malishev. Les résultats officiels ne devraient pas être connus avant lundi.

Les opposants à la séparation de la Crimée semblaient avoir boycotté le vote, dimanche, dénonçant les manoeuvres du Kremlin pour se saisir du territoire.

Les ukrainiens russophones se sont rassemblés sur la place principale de Simferopol, capitale de la Crimée, après la fermeture des bureaux de vote, tard dimanche. Enchantés par la perspective de retourner dans le giron de la Russie, ils ont entonné des chants de victoire.

Mais à Kiev, le nouveau gouvernement ukrainien a affirmé que le scrutin n'était rien d'autre qu'un «cirque» orchestré par le Kremlin sous la menace des armes, en référence aux milliers de militaires russes déployés dans la péninsule de Crimée depuis sa prise de contrôle par la Russie, il y a deux semaines. Le premier ministre, Arseni Iatseniouk, a soutenu que ni l'Ukraine ni l'Occident ne reconnaîtraient la validité de ce «présumé référendum».

«Parmi les participants on compte également 21 000 militaires russes qui essaient de prouver la légalité du référendum avec leurs fusils», a-t-il déclaré.

Les États-Unis et l'Union européenne ont d'ailleurs qualifié d'illégal et déstabilisant le référendum sur l'avenir de la Crimée et devraient annoncer d'ici peu des sanctions contre Moscou.

Au Canada, le premier ministre Stephen Harper a publié un communiqué de presse dans lequel il soutient que les résultats du référendum ne reflètent rien de plus que le contrôle militaire russe.

«Ce référendum est illégitime, il n'a aucun effet juridique et nous ne reconnaissons pas son issue. Puisque la Russie refuse de chercher la désescalade, nous travaillons avec nos partenaires du G7 et d'autres alliés en vue de coordonner des sanctions additionnelles contre les personnes responsables», a également fait savoir le premier ministre canadien.

Le parlement de la Crimée siégera lundi pour demander officiellement son annexion à la Russie, a déclaré le premier ministre de la Crimée sur son compte Twitter. Des élus criméens s'envoleront pour la capitale russe plus tard en journée pour des négociations, a-t-il ajouté.

À Moscou, le président Vladimir Poutine a assuré que le référendum avait été mené en «accord complet avec le droit international et la Charte des Nations unies».

Le président de la Chambre basse du parlement russe, Sergeï Naryshkin, a quant à lui laissé entendre que la réunification de la Crimée à la Russie était pratiquement déjà réglée.

«Nous comprenons que les Criméens attendaient ce jour depuis que l'Ukraine est devenu un État souverain, il y a 23 ans», a-t-il indiqué, selon ce que rapporte l'agence ITAR-Tass.

Aux Nations unies, samedi, la Russie avait exercé son droit de veto contre une résolution du Conseil de sécurité déclarant le référendum illégal.

Les partisans de la proposition présentée par les États-Unis avaient prévu cette réaction, mais ont quand même tenu à aller de l'avant afin de montrer l'opposition du Conseil à l'occupation de la Crimée par Moscou.

Treize des 15 membres du Conseil se sont prononcés en faveur de la résolution alors que la Russie a eu recours à son droit de veto et que la Chine s'est abstenue.

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