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L'envol des prix du café sur les marchés va finir par se répercuter sur le "petit noir"

16/03/2014 05:08 EDT | Actualisé 15/05/2014 05:12 EDT

L'impressionnante hausse des prix du café observée récemment sur les marchés financiers devrait bientôt se répercuter sur le café acheté en supermarché ou sur le "petit noir" pris au comptoir d'un bar.

Depuis le début de l'année, le cours de l'arabica, l'espèce de café utilisée pour les expressos, a augmenté de 82%, à cause de la sécheresse qui affecte les zones de culture caféière au Brésil, premier fournisseur mondial.

Le cours du robusta, utilisé notamment pour le café instantané, a également atteint des sommets, grimpant cette semaine à son plus haut niveau en près d'un an et demi, alors que l'offre est également menacée au Vietnam, premier exportateur mondial de cette espèce de café.

"Il est trop tôt pour dire dans quelle mesure les consommateurs seront affectés, cela prend du temps pour que ce qui se passe sur les marchés des matières premières se répercute sur les ventes de détail", explique Dana LaMendola, analyste du cabinet Euromonitor.

"Toutefois, si les prix du café se maintiennent à ce niveau élevé, nous verrons un impact", estime-t-elle, même si "les fluctuations dans les prix du café ne sont rien de nouveau" et que les entreprises se protègent en établissant avec leurs fournisseurs des contrats sur plusieurs mois, ce qui permet de "bloquer" les prix.

Par exemple, quand les prix du café étaient au plus bas l'année dernière, "les trois principales entreprises du secteur aux États-Unis - Starbucks, Smucker's et Kraft (Maxwell House) - ont fini par baisser leurs prix aux consommateurs jusqu'à environ 10% dans certains cas", rapporte l'analyste.

Contacté par l'AFP, Kraft n'a pas voulu donner d'information sur l'évolution de ses prix. Chez Starbucks, une porte-parole a souligné de son côté que le prix du café comme matière première ne représente au final qu'une part "comprise entre 8% et 10%" du prix final, qui prend également en compte les "coûts de location, de personnel, de marketing, d'équipement...".

- Une hausse de 12 à 15% de la tasse de café en Australie -

Mais selon Chris Togias, directeur de Griffiths Coffee, le plus ancien torréfacteur de café d'Australie, "la récente augmentation (du prix) des grains de café donnera lieu à une augmentation d'au moins 50 cents (de dollar australien) sur une tasse de café."

"Un café coûte entre 3 et 4 dollars en Australie, donc ça sera probablement une augmentation de 12% à 15%", détaille-t-il.

Selon lui, l'augmentation se fera sentir dans le monde entier car "c'est un problème d'offre qui ne vient pas seulement du Brésil. Il y a également un problème d'offre au Vietnam".

Pour Dana LaMendola, la hausse des prix sera d'abord palpable dans les café indépendants, qui "sont moins protégés" contre les fluctuations des prix, avant de toucher les chaînes de café et enfin les supermarchés.

Le café de meilleure qualité sera le plus affecté. En effet, en raison du manque d'eau "les caféiers ne donnent pas assez de nutriment aux fruits" donc "les grains de café retirés des fruits ne seront pas très gros. Or plus le grain est gros, plus la qualité est élevée", explique M. Togias.

Ainsi, la coopérative brésilienne Coopamig estime qu'elle aura beaucoup moins de grains qui atteindront la taille standard pour être vendue tel quel.

"On va avoir beaucoup de café moulu. Le café en grain, qu'on utilise pour l'expresso, sera rare", a prévenu Leandro Gomes Ribeiro Costa, coordinateur du département café de Coopamig.

Enfin, l'envolée des prix pourrait amener les producteurs à décider de ne pas honorer leurs contrats avec les distributeurs.

"Un problème que nous avons maintenant est que beaucoup d'agriculteurs disent qu'ils ne vont pas honorer un contrat à 130 cents la livre (d'arabica) parce qu'ils peuvent maintenant avoir 206 cents la livre", rapporte M. Tobias.

Son entreprise n'a pas encore souffert de ce problème mais d'autres dans le secteur y sont confrontées, selon lui.

Starbucks, qui ne se fournit pas sur les marchés des matières premières mais directement auprès des agriculteurs, n'a pas voulu dire s'il était affecté.

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