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La CSN, la FTQ et le SISQ allient leurs forces pour les prochaines négociations

16/03/2014 03:14 EDT | Actualisé 16/05/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) ont annoncé dimanche qu'ils uniront leurs forces pour négocier le renouvellement de leurs conventions collectives, en 2015.

Les syndicats des secteurs public et parapublic ont signé un protocole de fonctionnement de ce front commun, qui prévoit notamment l'établissement d'une plate-forme de revendications communes aux trois groupes. Une table centrale négociera principalement la rémunération, les disparités régionales et le régime de retraite.

Déplorant les «nombreuses vagues de compressions» dans les dernières années, Lucie Martineau, porte-parole du SISP, Daniel Boyer, président de la FTQ et Jacques Létourneau, président de la CSN, ont insisté sur l'importance de bien financer les services publics, pour en assurer la qualité et pour retenir et attirer le personnel.

M. Boyer avait d'ailleurs une «sérieuse mise en garde à faire au prochain gouvernement»: «ne pas trouver de sous pour rémunérer correctement les employés de l'État entraîne un problème d'attraction et de rétention, donc de qualité de personnel», a-t-il affirmé, rejoint par ses collègues qui ont souligné la pénurie de main d'oeuvre et d'expertise et les risques de la perte de qualité des services.

Selon l'Institut de la statistique du Québec, les salariés du secteur public accusent un retard salarial de 8 pour cent par rapport au secteur privé, a argumenté M. Boyer. Dans certaines catégories d'emploi, dont les ouvriers spécialisés, l'écart passe à environ 30 pour cent.

«Il y a des choix de société à faire et financer la pérennité des services publics, donner des conditions de travail et salariales de qualité, ça fait partie du rôle de l'État», a commenté M. Létourneau.

Le «problème» avec les budgets politiques, selon lui, réside dans le fait de ne pas remettre en question «cette idée que toutes les nouvelles entrées d'argent vont au remboursement de la dette et au fonds des générations».

Dans les prochaines semaines, les syndicats entreront en période de consultation des quelques 400 000 membres qu'ils représentent afin de cerner les priorités de la prochaine négociation. La plate-forme de revendications communes devra être déposée vers la fin du mois d'octobre. Les conventions collectives arriveront à échéance le 31 mars 2015.

Les syndicats se sont également engagés à ne pas susciter de changement d'allégeance syndicale lors de la prochaine période de maraudage, prévue pour l'été prochain.

Pas d'allégeance

Alors que la campagne électorale bat son plein, les trois représentants ont insisté sur leur neutralité.

«L'objectif de la conférence de presse aujourd'hui (dimanche) n'est pas d'en faire un enjeu des élections», a affirmé M. Létourneau. Le moment choisi pour faire cette annonce coïncide simplement avec les dates de négociation dans le secteur public prévues dans le Code du travail, a fait valoir M. Boyer.

Il a également rappelé que la FTQ n'appuyait aucun parti pour cette élection, tout comme c'était le cas pour la dernière en 2012.

«On pose des questions à tous les partis politiques, a expliqué Mme Martineau. Il y en a qui répondent, d'autres ne répondent pas. La dernière fois, deux sur six ne nous ont pas répondu. Au moins, on dit à nos membres ce qu'ils veulent de notre bien.»

«Ça prend un gouvernement qui reconnaît l'importance des services publics au Québec, dans notre développement comme société spécifique, particulière», a ajouté M. Létourneau, ajoutant que cet État social «très fort» avait contribué à la situation jugée enviable du Québec lors de la crise économique en 2008.

Interrogé, un peu plus tôt, sur ses craintes de voir émerger un certain antisyndicalisme dans certains partis politiques, notamment en raison de la promesse de François Legault d'encadrer le fonctionnement des syndicats et de l'arrivée de Pierre Karl Péladeau sur la scène politique, il a minimisé l'importance des gouvernements.

«Le contexte politique change, mais en même temps quand on s'en va en négociation du secteur public, l'objectif c'est d'avoir les idées et le meilleur rapport de force pour faire avancer les intérêts des travailleurs et travailleuses.»

La CSN, la FTQ et le SISP représentent des employés de la santé et des services sociaux, de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la fonction publique du Québec.

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