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Il est temps de parler d'économie et non de référendum, selon Denis Coderre

16/03/2014 01:49 EDT | Actualisé 16/05/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - La campagne électorale pourrait s'engager dans un nouveau tournant, au moins jusqu'à jeudi — soir de débat — alors que de plus en plus d'intervenants semblent en avoir assez du mot référendum.

C'est notamment le cas de Denis Coderre, et le maire de Montréal l'a fait savoir sans détour à Pauline Marois.

Au terme d'une rencontre d'une quarantaine de minutes à l'hôtel de ville avec la chef du Parti québécois, M. Coderre a plaidé pour que l'économie retrouve sa place au centre des débats de la campagne électorale.

«Les Montréalais, ce dont ils parlent, c'est d'économie. Alors, n'arrivez-moi pas avec une élection référendaire, on n'en veut pas», a déclaré M. Coderre.

«Je n'ai pas le temps de m'empêtrer dans ces questions-là, a renchéri le premier magistrat de Montréal. Je pense que ce dont il faut parler aujourd'hui, c'est d'économie, d'emploi, du rôle de partenariat avec le gouvernement du Québec.»

La chef péquiste a dit recevoir «très positivement» les commentaires du maire de la métropole, accusant son rival libéral Philippe Couillard d'être responsable du glissement de la campagne vers la question nationale.

Au cours de sa rencontre en tête-à-tête avec Mme Marois, M. Coderre a aussi discuté de sa volonté d'obtenir un statut particulier pour la métropole, entre autres en matière de fiscalité et de financement. Ils ont aussi parlé de développement social, de lutte à l'itinérance, d'intégration des immigrants et du recouvrement de l'autoroute Ville-Marie.

Alors qu'il participait au défilé de la Saint-Patrick à Montréal, Philippe Couillard a clairement énoncé qu'il ne veut plus parler de la relance des discussions constitutionnelles avec le reste du Canada

«Le Canada est une grande réussite pour le Québec et moi, je mène une campagne économique», s'est contenté de répéter à plusieurs reprises le chef libéral.

M. Couillard a par ailleurs refusé de répondre aux demandes de la chef du Parti québécois, qui l'exhorte à tenir un référendum afin de consulter les Québécois avant de tenir des discussions sur une éventuelle adhésion du Québec dans la Constitution.

«Vous êtes dans la double et la triple hypothèse, a-t-il lancé aux journalistes. Mon option, c'est la réalité. Ceux qui parlent de référendum, c'est de la référendite péquiste. Ils sont obsédés par cela.»

De son côté, François Legault, toujours coincé entre le marteau souverainiste et l'enclume fédéraliste, a tenté de donner un nouvel élan à sa campagne.

De passage à Repentigny, il a cherché à dynamiser les militants de la Coalition avenir Québec en leur rappelant que la lutte ne fait que débuter.

Il leur a dit que rien n'était encore joué puisqu'il reste encore 22 jours à la campagne.

«La lutte électorale est dure, mais souvenez-vous qu'elle ne fait que commencer. Il reste encore 22 jours. Rien n'est joué, a-t-il lancé à la foule. Vingt-deux jours pour permettre enfin au Québec de retrouver son élan.»

François Legault a promis pendant son discours qu'il allait revoir toutes les annonces faites par le gouvernement Marois au cours des six derniers mois.

«Je m'engage à annuler tous les projets qui ne sont pas prioritaires. Ça a été un feu d'artifice de milliards de dollars qui a été fait. Je vais réparer ce gâchis», a-t-il promis.

Bilan de campagne

Le deuxième dimanche de la campagne a aussi été l'occasion pour certains de dresser un bilan.

La chef du PQ a dit être satisfaite de l'allure de sa campagne. La caravane péquiste mène une campagne «vigoureuse» au coeur de circonscriptions détenues par les partis d'opposition, a souligné Mme Marois.

Elle y voit l'illustration que le Parti québécois est loin d'être sur la défensive, mais mène la charge pour obtenir une majorité de sièges au scrutin du 7 avril.

Quand à Amir Khadir, il n'a alors pas caché sa satisfaction sur la campagne de Québec solidaire.

En entrevue à La Presse Canadienne, le député de Mercier a déclaré que les candidats de son parti mènent «une campagne dynamique et énergique».

Même si les journalistes ne se bousculent pas pour monter à bord de l'autobus de QS, M. Khadir pense que son équipe «parvient à se faire entendre».

«Parmi les partis en lice, il y a uniquement Québec solidaire qui, de manière claire, pour chaque engagement, explique, d'abord, ce qu'on veut faire et les moyens [pour y arriver] sans atermoiement, sans hésitation y compris pour ce qui est de l'indépendance».

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