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USA: la réforme santé, épée de Damoclès sur les démocrates au Congrès

15/03/2014 01:45 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT

Il a conquis et conservé la Maison Blanche, mais Barack Obama risque d'être boudé par les candidats démocrates aux législatives de novembre, vu l'impopularité persistante de sa réforme de l'assurance-maladie.

De la réussite de son parti dans huit mois dépendra la marge de manoeuvre du président pour la fin de son deuxième et dernier mandat à la tête des Etats-Unis: sans majorité à la Chambre des représentants depuis début 2011, il a déjà dû renoncer à réformer en profondeur.

Mais les derniers sondages semblent montrer que le dernier bastion démocrate du pouvoir législatif, le Sénat, pourrait bien tomber à son tour dans l'escarcelle des conservateurs. Dans ce cas, M. Obama n'aurait plus que son droit de veto pour protéger un bilan déjà attaqué de toutes parts.

Après un automne 2013 marqué par le lancement calamiteux du volet central de sa réforme de l'assurance-maladie, surnommée "Obamacare", M. Obama a vu sa cote de confiance s'éroder. Elle n'est plus que de 41% selon la dernière livraison du sondage NBC/Wall Street Journal publié cette semaine, un niveau qui n'incitera pas les candidats de son parti à se réclamer de lui.

Selon le sondeur Bill McInturff, M. Obama va être "mis sur le banc de touche" pendant cette saison électorale, quand l'intégralité de la Chambre de 435 sièges et le tiers du Sénat (100 élus) seront renouvelés.

Les républicains semblent en mesure de gagner les six sièges qui leur manquent pour reconquérir la chambre haute: les démocrates vont devoir en effet défendre leurs places en Alaska, Arkansas, Caroline du Nord, Louisiane et au Montana, Etats qui ont choisi le républicain Mitt Romney à la présidentielle de 2012.

La stratégie des conservateurs est simple: lier leurs adversaires à M. Obama et à "Obamacare", réforme qui reste impopulaire malgré plus de 4,2 millions d'inscrits depuis octobre.

- Démocrates vulnérables -

Selon le sondage NBC, seules 35% des personnes interrogées estiment que cette loi est une bonne idée. Une autre enquête récente de CNN montrait une cote de popularité de 39% pour "Obamacare", tandis que 57% des sondés affirmaient en avoir une mauvaise opinion.

Ainsi, en Louisiane, la sénatrice sortante Mary Landrieu se voit reprocher d'avoir rendu cette loi possible par son vote. La démocrate a tenté de neutraliser ces attaques en faisant valoir qu'elle avait proposé une nouvelle loi pour permettre aux personnes ayant perdu leur couverture maladie à cause de cette réforme de la garder.

Les derniers sondages donnent Mme Landrieu en retard de quatre points sur son adversaire républicain putatif, un médecin opposé à la réforme santé.

Un autre démocrate d'un Etat du Sud conservateur, Mark Pryor, est la cible d'attaques pour son soutien à "Obamacare" lors de son adoption en 2010. M. Pryor, le seul démocrate de l'Arkansas restant élu à Washington, a tenté de se distancer de la réforme en affirmant en août que "cette loi est loin d'être parfaite" et "a besoin d'être amendée".

Le risque encouru par les démocrates en novembre a pris un aspect très concret avec la défaite mardi d'un des leurs, Alex Sink, lors d'une législative partielle en Floride. Le vainqueur, le républicain David Jolly, a ensuite remarqué sur Fox News que "les démocrates ont soutenu Obamacare. Puis ils ont compris que le message était mauvais, donc ils s'en sont pris à l'application" de la réforme.

La Maison Blanche a réfuté l'idée que la partielle de Floride annonce une défaite pour les démocrates en novembre. L'histoire récente montre pourtant qu'il est très rare pour un parti détenant l'exécutif de remporter les législatives au milieu d'un second mandat présidentiel.

"Je n'y vois pas un signe", a assuré le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney.

Mais M. Obama semble conscient du risque d'une faible mobilisation des démocrates en fin d'année. Si ces électeurs "se désintéressent (...) nous nous ferons aplatir", a-t-il prévenu le 5 mars lors d'un dîner de levée de fonds à Boston.

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