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Syrie : 146 000 morts en trois ans

15/03/2014 02:48 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT

Le conflit syrien est entré samedi dans sa quatrième année. Un anniversaire marqué d'un lourd bilan : 146 000 morts en trois ans, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, et plus de neuf millions de personnes en fuite, la plus grande population de déplacés dans le monde.

Il s'agit du « pire drame humain du XXIe siècle », a déclaré le ministre français des Affaires extérieures, Laurent Fabius.

« Le régime syrien porte l'entière responsabilité [de cette] tragédie. Ma solidarité va aux milliers d'hommes, de femmes et d'enfants, disparus dans les geôles du régime et torturés, affamés jusqu'à la mort dans des villes soumises à des bombardements barbares », a indiqué le chef de la diplomatie française, dans un « message de soutien et de solidarité au peuple syrien ».

En trois ans, le conflit a connu une progression inexorable. Les manifestations populaires du début, amorcées au plus fort du « Printemps arabe », sont devenues des affrontements avec les forces gouvernementales; ces affrontements se sont transformés en guerre civile, qui s'est transformée en une crise humanitaire sans précédent. Une génération de Syriens poussés à la fuite risque d'être « perdue à jamais », ont averti samedi l'ONU et les ONG dans un communiqué.

Sur le terrain, la guerre entre le régime de Bachar Al-Assad et l'opposition ne montre aucun signe d'essoufflement et les soldats du régime reprennent du terrain, face à une opposition profondément divisée.

L'armée syrienne est entrée samedi dans les quartiers est de la ville de Yabroud, dernier bastion rebelle au nord de Damas près de la frontière libanaise, et s'avance vers l'artère principale.

La prise de Yabroud permettrait au président syrien de sécuriser la voie reliant son fief alaouite sur la côte méditerranéenne à la capitale tout en coupant la voie d'approvisionnement des rebelles à partir du Liban.

Vendredi, le Parlement syrien a voté une loi qui ouvre la voie à une réélection de Bachar Al-Assad, au pouvoir depuis 14 ans. La loi exclut l'opposition en exil de la prochaine présidentielle. Le mandat de Bachar Al-Assad se termine le 17 juillet.

Sur le front diplomatique, c'est toujours l'impasse depuis l'échec de la conférence de Genève 2, au début de l'année. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a demandé vendredi à Moscou et à Téhéran de faire pression sur Damas pour une reprise des négociations de paix.

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