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Résolution de l'ONU sur la Crimée: la Chine s'abstient

15/03/2014 12:55 EDT | Actualisé 15/05/2014 05:12 EDT
AFP

Sans surprise, la Russie a utilisé son droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU pour bloquer un projet de résolution occidentale dénonçant le référendum de dimanche en Crimée.

La seule incertitude à propos du vote de samedi, tenu à New York, résidait dans le camp qu'allait choisir la Chine. Or, Pékin s'est abstenu, isolant encore un peu plus Moscou dans le dossier ukrainien.

La résolution, proposée par les États-Unis et qui a recueilli 13 voix favorables, déclarait « invalide » le référendum sur le rattachement de la république autonome ukrainienne de Crimée à la Russie et appelait les organisations internationales à ne pas en reconnaître le résultat.

L'ambassadeur russe Vitaly Tchourkine a justifié son vote en répétant que le gouvernement ukrainien actuel avait été mis en place à la suite d'un « coup d'État » et que la Russie avait l'intention de « respecter la volonté du peuple de Crimée ».

« La Russie peut mettre son veto à cette résolution, mais elle ne peut pas mettre son veto à la vérité », a répliqué l'ambassadrice américaine Samantha Power, selon des propos relayés par l'AFP.

Le texte demandait à Moscou et Kiev « d'entamer un dialogue politique direct » et de faire preuve de retenue.

Le rejet de la proposition survient au moment où Moscou a déployé des troupes le long de sa frontière avec l'Ukraine et dans la péninsule de Crimée, qui héberge sa flotte de la mer Noire.

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a demandé le « retrait immédiat » de ces forces et a menacé de répondre « par tous les moyens pour stopper l'invasion militaire » russe.

Des sanctions économiques auraient un impact limité, dit Moscou

Le rejet par Moscou de la proposition du Conseil de sécurité de l'ONU rendent encore plus probables l'imposition de sanctions économiques contre la Russie.

Or, le ministre russe du Développement économique, Alexeï Oulioukaïev, a déclaré samedi que ces sanctions ne devraient pas avoir un impact économique majeur. 

Des gels d'avoirs financiers et des interdictions de déplacement comptent parmi les sanctions que l'Union européenne et les États-Unis prévoient d'annoncer lundi, au lendemain du référendum.

« Nous devons nous préparer aux conséquences probables après le 17 mars, mais il me semble que l'impact économique des sanctions est limité. Je ne m'attends pas, pour parler franchement, à des décisions qui remettraient en cause nos échanges commerciaux et les grands projets d'investissement », a déclaré Alexeï Oulioukaïev à la chaîne télévisée Russie 24, selon des propos rapportés par l'agence Reuters.

La bourse de Moscou a perdu 15 % depuis le début du mois et ne devrait pas connaître de nouvelle chute après le référendum, estime le ministre.

Possibles sanctions sur la coopération militaire

Par ailleurs, une nouvelle menace plane sur Moscou : des sanctions liées à des accords militaires pourraient être imposées par Paris, a déclaré François Hollande lors d'une conférence de presse à l'Élysée, samedi, avec le nouveau chef du gouvernement italien, Matteo Renzi.

François Hollande a répété que la France comme l'Union européenne ne reconnaîtraient pas la validité de la « pseudo consultation » de dimanche en Crimée.

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