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Nouvelle manifestation contre le président algérien

15/03/2014 08:24 EDT | Actualisé 15/05/2014 05:12 EDT

Une centaine d'Algériens ont manifesté dans les rues de la capitale, Alger, samedi, pour dénoncer le président sortant qui sollicite un quatrième mandat, malgré son âge avancé et sa santé précaire.

Les manifestants faisaient partie du groupe « Barakat » (« Assez »), un nouveau mouvement qui s'oppose au président Abdelaziz Bouteflika, âgé de 77 ans.

M. Bouteflika, qui est au pouvoir depuis 15 ans, se porte candidat pour un nouveau mandat, même s'il a de la difficulté à parler et à bouger à la suite d'un accident vasculaire cérébral.

Bien que six autres candidats participent à la course, le président sortant devrait l'emporter, puisqu'il bénéficie de l'appui du puissant appareil étatique.

Les opposants rassemblés à Alger ont été étroitement surveillés par les policiers, qui n'ont cependant pas dispersé les manifestants.

Selon la cofondatrice du groupe, Amira Bouraoui, les autorités ont fait preuve de retenue après les « images de répression » de la semaine dernière.

Les observateurs soutiennent qu'une telle manifestation est un évènement important en Algérie.

« C'est une solution de rechange aux partis politiques classiques qui ont échoué et cela nous rappelle les jeunes qui étaient derrière le printemps arabe en Tunisie et en Égypte », estime Rachid Tlemcani, analyste politique à l'université d'Alger.

Par ailleurs, environ 3000 partisans du président se sont rassemblés au même moment pour exprimer leur soutien à sa candidature.

« Le printemps arabe est un moustique auquel nous avons fermé la porte de notre pays. Si le moustique tente de rentrer par la fenêtre, nous l'aspergerons d'insecticide pour le tuer », a déclaré à la foule Abdelmalek Sellal, ancien premier ministre devenu directeur de campagne du chef d'État.

L'élection présidentielle aura lieu le 17 avril.

Des affrontements font au moins trois morts

Pendant ce temps, des affrontements intercommunautaires, qui n'ont aucun lien avec les manifestations antigouvernementales, ont fait trois morts et plusieurs blessés à Ghardaïa, à 600 km au sud d'Alger.

Les victimes, trois hommes d'une trentaine d'années, auraient été atteintes par des objets contondants. Une quatrième personne serait dans un état critique. Des dizaines de personnes auraient également été blessées, dont certaines brûlées à l'acide.

Les violences opposaient des groupes de jeunes Mozabites (Berbères) et Chaâmbas (Arabes).

Les affrontements intercommunautaires entre les deux groupes se poursuivent et s'amplifient depuis mardi, après un allègement des effectifs policiers dans la région et le retour de plusieurs Mozabites qui avaient fui leurs domiciles en janvier.

En décembre et en janvier, des affrontements avaient fait au moins quatre morts et plus de 200 blessés dans la même région.

La ville de Ghardaïa est inscrite par l'UNESCO au patrimoine mondial.

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