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Plus de 280 interpellations lors d'une manifestation policière (PHOTOS/VIDÉO)

15/03/2014 03:36 EDT | Actualisé 15/03/2014 11:13 EDT

La manifestation annuelle organisée par le Collectif opposé à la brutalité policière n'aura duré que quelques minutes, samedi après-midi, près du métro Jean-Talon, à Montréal. Les agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et de la Sûreté du Québec, qui attendaient les manifestants de pied ferme, ont interpellé au moins 288 personnes.


Le Collectif opposé à la brutalité policière (COBP) tenait sa 18e manifestation annuelle, qui a commencé près de la station de métro à 15 h. Elle a été déclarée illégale trois minutes après son départ, car les policiers n'avaient pas reçu un itinéraire à l'avance.

Plus d'une centaine de personnes ont été prises en souricière par les policiers sur Châteaubriand, au sud de Jean-Talon. Elles recevront une amende de 637 $ en vertu du règlement municipal P-6, à la suite de leur interpellation.

Cinq personnes ont été arrêtées en vertu du Code criminel et devront faire face à des accusations de méfait et d'entrave au travail des policiers. Il y a eu un blessé léger. Le SPVM n'écarte pas la possibilité qu'une autre manifestation s'organise samedi soir.

Le rassemblement a débuté à l'intersection de la rue Jean-Talon et de l'avenue de Châteaubriand, à l'endroit où un policier a menacé un itinérant de l'attacher à un poteau par un temps polaire, en janvier dernier. Adis Simidzija, qui avait filmé cette scène avec son cellulaire et l'avait diffusé sur les réseaux sociaux, a lui-même été interpellé par les policiers. Avant la manifestation, il avait précisé à Radio-Canada qu'il ne faisait pas partie des organisateurs.

Le collectif tient à dénoncer cette année le « profilage social » exercé selon lui par le SPVM, rappelant que deux sans-abri, Mario Hamel et Alain Magloire, ont été tués récemment au cours d'interventions policières.

Porte-à-porte du SPVM avant la manifestation

Les agents du SPVM ont effectué du porte-à-porte vendredi, afin de demander à ceux qui résident dans le secteur du métro Jean-Talon de bien vouloir ranger les objets qui pourraient servir de projectiles aux éventuels casseurs.

M. Simidzija a lui-même reçu une brève visite de deux policiers, étant donné qu'il réside dans le secteur.

« Ils sont venus cogner chez moi, pour avertir les gens de ne se présenter à la manifestation parce que ça risquait de dégénérer », dit-il en entrevue téléphonique avec Radio-Canada.

« J'ai ouvert, j'ai écouté ce qu'ils avaient à dire, ce n'était pas très long », dit-il, en précisant que les policiers ne lui ont pas parlé de sa vidéo. Il se montre critique de l'action des policiers. « C'est mettre la peur dans le quartier », dit-il. M. Simidzija, qui est membre de l'Observatoire sur le profilage de l'Université de Montréal.

Le SPVM avait tenu cette semaine une réunion technique avec les journalistes afin d'expliquer le dispositif policier qui sera mis en place durant la manifestation. Les autorités policières ont déploré que des groupes de casseurs utilisent cet événement pour se livrer à des méfaits, éclipsant le message des manifestants légitimes.

Les policiers ont indiqué que le centre de commandement du SPVM, situé sur la rue Saint-Urbain, sera opérationnel samedi, afin de suivre la manifestation.

Illégale en vertu du règlement P-6 de la Ville de Montréal

Les policiers ont indiqué qu'ils n'avaient reçu aucun itinéraire pour la manifestation, ce qui la rendait illégale en vertu du règlement P-6 de la Ville de Montréal. Toutefois, ils ont indiqué qu'ils la toléreraient, tant que des méfaits n'étaient pas commis.

Le règlement P-6 interdit notamment de participer à une manifestation à visage couvert. La mesure oblige également les organisateurs de manifestations à fournir d'avance un itinéraire à la police.

Les contrevenants s'exposent à des amendes de 500 $ à 1000 $ pour une première infraction, de 1000 $ à 2000 $ pour une deuxième, et de 2000 $ à 3000 $ pour une troisième.

Cette manifestation annuelle a souvent dégénéré en affrontement avec la police et en méfaits de toutes sortes. L'année dernière, près de 250 personnes ont été arrêtées, lors d'une arrestation de masse. Au moins six personnes ont été accusées d'agressions armées contre un agent de la paix, de voies de fait et d'entrave.

Chronologie effectuée à partir des données de Radio-Canada, de La Presse canadienne, du Devoir et de La Presse

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