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Liban: la feuille de route du gouvernement adoptée après un mois de blocage

15/03/2014 05:02 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT

Le gouvernement libanais, rassemblant les deux camps rivaux du pays, a annoncé samedi avoir adopté sa feuille de route politique après des semaines de blocage lié à l'épineuse question de l'arsenal du parti chiite Hezbollah.

Un mois après sa formation, le gouvernement du Premier ministre Tammam Salam s'est mis d'accord sur un texte de compromis concernant le recours aux armes du puissant mouvement qui combat les rebelles en Syrie aux côtés du régime de Bachar al-Assad.

La coalition libanaise hostile au Hezbollah, le "14 mars", réclamait que le Hezbollah, qui prône également la lutte contre Israël, ne soit pas autorisé à agir unilatéralement et que son action soit conditionnée à un aval préalable de l'Etat, ce que refuse le parti.

Les deux parties sont finalement tombées d'accord sur un texte qui prévoit qu'"en vertu de la responsabilité de l'Etat en matière de sauvegarde de la souveraineté, de l'indépendance du Liban et de l'unité de son territoire (...), le gouvernement souligne le devoir de l'Etat de libérer (les territoires libanais encore occupés par Israël) par tous les moyens légitimes".

Le texte, publié dans la nuit de vendredi à samedi par le ministère de l'Information, reconnaît également "le droit des citoyens libanais de résister à l'occupation israélienne, de riposter à ses agressions et de récupérer le territoire occupé". Contrairement feuilles de routes des gouvernements précédents, ce compromis ne confie pas explicitement au Hezbollah la résistance contre Israël, mais il reconnaît le droit à recourir aux armes hors de l'autorité de l'Etat.

Beyrouth considère comme occupés par Israël les Fermes de Chebaa, les collines de Kfarchouba et la partie libanaise du village de Ghajar, tous dans le sud et le sud-est du Liban.

Le 15 février, le Liban s'était enfin doté d'un gouvernement de compromis réunissant les deux blocs rivaux, après un blocage de près d'un an exacerbé par le conflit en Syrie voisine qui divise profondément le pays.

Mais depuis, le camp mené par Hezbollah, allié du régime syrien, et la coalition emmené par l'ex-Premier ministre Saad Hariri, hostile au pouvoir à Damas, n'arrivaient pas à se mettre d'accord sur la politique du gouvernement, si bien que le Premier ministre a menacé de démissionner cette semaine.

L'arsenal du Hezbollah est la principale pomme de discorde entre les deux camps politiques du Liban, les détracteurs du parti l'accusant de se servir de sa puissance militaire pour imposer sa volonté sur le pays. La participation unilatérale du Hezbollah dans la guerre en Syrie aux côtés du régime a exacerbé les tensions entre les deux groupes.

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