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Les forces russes saisissent un village à l'extérieur de la Crimée

15/03/2014 06:07 EDT | Actualisé 15/05/2014 05:12 EDT

SIMFEROPOL, Ukraine - Appuyées par des hélicoptères et des véhicules blindés, les forces russes ont saisi un village ukrainien près des limites de la Crimée alors que cette dernière se prépare à tenir un référendum pour décider si elle se séparera de l'Ukraine pour se joindre à la Russie.

L'incident survenu à Strilkove semble être le premier geste fait par Moscou à l'extérieur de la péninsule, qui est contrôlée par l'armée russe depuis le mois dernier. Aucun coup de feu ou blessé n'a été rapporté, mais cette action risque d'aggraver davantage les tensions entre partisans et détracteurs de la Russie en sol ukrainien.

Dans un communiqué, le ministère ukrainien des Affaires étrangères a dénoncé ce raid en dehors de la Crimée, affirmant que l'Ukraine se réservait le droit d'utiliser toutes les mesures nécessaires pour mettre fin à l'invasion militaire de la Russie.

Le village est situé sur une langue de terre longeant le nord-est de la péninsule avant de la rejoindre, à 10 kilomètres de la limite entre la Crimée et la région de Kherson.

Un porte-parole de la garde frontalière de l'Ukraine, Oleg Slobodyan, a raconté à l'Associated Press qu'un contingent d'environ 120 soldats russes occupait la station de distribution de gaz naturel de Strilkove. Le ministère a plutôt parlé de 80 hommes, sans mentionner la station.

À la veille du référendum de dimanche sur l'avenir de la Crimée, des dizaines de panneaux-réclames à travers la capitale criméenne proclament «Ensemble avec la Russie». Sur certains d'entre eux, le mot «Russie» a toutefois été remplacé par «Ukraine» à l'aide de peinture en aérosol.

Ce vote est dénoncé à la fois par Kiev et par l'Occident, qui le jugent illégitime. Les puissances occidentales ont menacé d'imposer des sanctions sévères à la Russie si elle intègre la Crimée à son territoire.

Mais les résultats du référendum sont connus d'avance, le gouvernement criméen étant presque assuré que la population se prononcera en faveur de la séparation avec l'Ukraine, ce qui envenimera sans doute la crise politique qui secoue le pays et l'une des pires confrontations entre l'Est et l'Ouest depuis la fin de la guerre froide.

Aux Nations unies, la Russie a exercé son droit de veto, samedi, contre une résolution du Conseil de sécurité déclarant le référendum illégal et la Chine s'est abstenue, signe de l'isolement croissant de Moscou au sein de la communauté internationale.

Les partisans de la résolution présentée par les États-Unis savaient que la Russie utiliserait son droit de veto, mais ils ont quand même soumis la proposition au vote samedi pour montrer que le Conseil s'opposait à la prise de contrôle de la Crimée par Moscou.

Au final, 13 des 15 membres ont donné leur aval à la motion, la Chine s'étant abstenue et la Russie ayant eu recours à son droit de veto.

La question à savoir si la Crimée, une péninsule stratégique de la mer Noire accueillant une importante base navale russe, devrait faire partie ou non de l'orbite de Moscou a soulevé les passions, tant du côté des prorusses que des antirusses.

Les partisans de Moscou soutiennent que la région appartient de plein droit à la Russie et que le gouvernement qui a remplacé celui de l'ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch est formé d'une bande de nationalistes fascistes voulant opprimer la majorité russe de la Crimée. Les opposants s'irritent quant à eux du comportement peu subtil du Kremlin, qui contrôle déjà la Crimée depuis février.

Les tensions sont également élevées ailleurs en Ukraine. Vendredi soir, deux personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans une fusillade survenue après un accrochage entre des prorusses et des antirusses à Kharkiv, dans l'est du pays.

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