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Les enquêteurs pensent maintenant que l'avion malaisien disparu a été détourné

15/03/2014 04:28 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT

KUALA LUMPUR, Malaisie - L'avion de ligne malaisien disparu depuis plus d'une semaine a été détourné délibérément et a continué de voler pendant plus de six heures après avoir coupé le contact avec les contrôleurs au sol, ce qui signifie qu'il pourrait s'être rendu aussi loin que le Kazakhstan ou le sud de l'océan Indien, a annoncé le chef du gouvernement malaisien samedi.

La déclaration du premier ministre Najib Razak confirme les spéculations qui circulaient depuis plusieurs jours selon lesquelles la disparition du vol 370 de Malaysia Airlines à destination de Pékin, en Chine, ne serait pas accidentelle.

Cette hypothèse recentre l'enquête sur les 12 membres d'équipage et 227 passagers du vol, et souligne la tâche difficile des enquêteurs qui ont déjà inspecté de vastes étendues océaniques.

La recherche du Boeing 777 est entrée dans une nouvelle phase, a déclaré M. Najib lors d'une conférence de presse télévisée.

Le premier ministre a souligné que les enquêteurs évaluaient tous les scénarios pour tenter de comprendre pourquoi l'avion a autant dévié de sa trajectoire de vol initiale. Il a toutefois indiqué que les autorités ne pouvaient confirmer hors de tout doute qu'il s'agit bien d'un détournement.

Plus tôt samedi, un responsable malaisien avait déclaré que l'avion avait été détourné, tout en précisant qu'aucun mobile n'avait été établi et qu'aucune demande n'avait été formulée par les présumés pirates de l'air.

«Au regard des plus récents développements, les autorités malaisiennes ont recentré leur enquête sur l'équipage et les passagers à bord», a déclaré M. Najib devant les journalistes. Il n'a pas voulu répondre aux questions des médias.

Samedi, la police s'est rendue dans les résidences du pilote et du copilote à Kuala Lumpur, selon un garde de sécurité et plusieurs journalistes malaisiens.

Les autorités ont indiqué qu'elles enquêtaient sur les deux pilotes, mais n'ont donné aucun détail sur la progression de leur enquête.

Des experts ont déjà souligné que toute personne qui aurait désactivé les systèmes de communication de l'avion puis piloté l'appareil devait avoir un haut niveau de connaissances techniques et une grande expérience de vol. L'une des possibilités évoquées est que le pilote aurait voulu se suicider aux commandes de son appareil.

L'avion est parti de Kuala Lumpur pour un vol de nuit le 8 mars à 12h40 à destination de Pékin. Ses communications avec les contrôleurs aériens civils ont été coupées vers 1h20 et l'avion est ensuite disparu, donnant lieu à l'un des plus grands mystères de l'histoire de l'aviation moderne.

Les enquêteurs sont maintenant persuadés que l'un des systèmes de communication de l'avion a été désactivé avant que l'appareil atteigne la côte est de la Malaisie, a expliqué M. Najib. Peu après, quelqu'un à bord a éteint le transpondeur qui permet à l'avion de communiquer avec les contrôleurs aériens civils.

M. Najib a confirmé que le radar des forces aériennes malaisiennes avait détecté des traces montrant que l'avion a rebroussé chemin vers l'ouest, survolant la péninsule malaisienne vers le nord du détroit de Malacca. Les autorités avaient précédemment affirmé que les données du radar ne pouvaient être vérifiées.

«Ces mouvements correspondent à une action délibérée de quelqu'un dans l'avion», a dit le premier ministre malaisien.

M. Najib a précisé que le dernier signal confirmé entre l'avion et le satellite avait été émis à 8h11, soit 7h31 après le décollage. C'est plus de cinq heures de plus que l'heure précédente donnée par les autorités malaisiennes pour le dernier contact possible.

Les autorités aériennes ont précisé que l'avion avait suffisamment de carburant pour voler pendant huit heures.

Les enquêteurs orientent désormais leurs recherches vers deux «couloirs» possibles: l'un vers le nord, entre la Thaïlande et des pays d'Asie centrale comme le Kazakhstan et le Turkménistan, et l'autre vers le sud, de l'Indonésie au sud de l'océan Indien.

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