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Des réfugiés ouïghours présumés condamnés en Thaïlande

15/03/2014 06:34 EDT | Actualisé 15/05/2014 05:12 EDT

Plus de cent réfugiés, qui seraient des Ouïghours venus de Chine, ont été condamnés samedi pour "immigration illégale" en Thaïlande, en dépit d'un appel des Etats-Unis à les protéger.

Quelque 120 adultes de ce groupe qui s'était dans un premier temps présenté comme Turcs ont été condamnés à une amende de 4.000 bahts chacun (90 euros) par un tribunal du sud de la Thaïlande, a annoncé la police.

Leur éventuelle extradition vers la Chine n'était pas encore décidée samedi, les familles n'étant encore pas clairement identifiées. En attendant, les hommes ont été placés en détention par les services de l'immigration, tandis que femmes et enfants étaient placés à part, a précisé à l'AFP Thatchai Pitaneelaboot, haut-responsable de la police.

La police thaïlandaise avait découvert mercredi soir ces quelque 200 réfugiés dans un camp secret de l'extrême sud du pays.

Ils se sont présentés comme étant Turcs, mais des activistes basés aux Etats-Unis les ont plus précisément identifiés comme des Ouïghours, minorité musulmane turcophone de la région du Xinjiang (nord-ouest de la Chine).

Si la Thaïlande n'a pas confirmé leur identité, et a fortiori leur expulsion vers la Chine, le royaume a une tradition d'expulsion des immigrés illégaux.

L'ambassade de Turquie ainsi que le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) ont apporté leur assistance dans ce dossier.

Vendredi, les Etats-Unis ont appelé la Thaïlande à "fournir une totale protection" à ces demandeurs d'asile.

Début mars, une tuerie à la gare de Kunming, dans le sud-ouest de la Chine, attribuée officiellement à des séparatistes de la région du Xinjiang, a causé la mort de 29 personnes.

Les explosions de violence au Xinjiang mettent aux prises régulièrement depuis 2009 Chinois hans et Ouïghours, ces derniers se disant victimes d'une politique répressive.

La Thaïlande est une plaque tournante du trafic d'êtres humains dans la région. Des milliers de membres de la minorité musulmane apatride des Rohingyas, qui fuient les persécutions en Birmanie voisine, auraient ainsi notamment transité par le royaume ces dernières années.

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