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Des dizaines de milliers de manifestants à Moscou contre l'«occupation» de la Crimée

15/03/2014 08:52 EDT | Actualisé 15/03/2014 08:52 EDT
Reuters

Des dizaines de milliers de Russes manifestaient samedi à Moscou contre l'"occupation" de la Crimée et la politique du Kremlin, tandis qu'un rassemblement d'organisations nationalistes défendait au même moment la ligne officielle près de la Place Rouge.

Un photographe et une journaliste de l'AFP ont estimé à environ 50 000 le nombre de manifestants d'opposition, une mobilisation rarement vue depuis les grandes manifestations qui avaient précédé et suivi le retour de Vladimir Poutine au Kremlin en 2012.

"Pour votre et notre liberté!", lisait-on sur une large banderole en tête du défilé d'opposition, parti de la Place Pouchkine en direction de l'avenue Sakharov (du nom de l'ancien dissident soviétique).

La police avait cité au début du défilé le chiffre de 3 000 personnes.

"Ne touchez pas à l'Ukraine!", "Non à la guerre!", disaient aussi des pancartes brandies dans la foule de personnes de tous âges, avec des drapeaux russes et ukrainiens.

"Pas de référendum sous la menace des armes!", disait un autre slogan, évoquant le scrutin sur le rattachement à la Russie organisé dimanche dans la péninsule ukrainienne de Crimée, majoritairement russophone et investi depuis la fin février par des milliers d'hommes en armes présumés être des militaires russes.

"J'estime que la Crimée c'est l'Ukraine, même si la majorité des gens sont russes, ils doivent régler leurs problèmes avec leur Etat, la Russie n'a rien à voir avec ça", a dit Alla, une ancienne institutrice de 71 ans qui n'a pas souhaité donner son nom.

"C'est une guerre, une occupation, c'est inacceptable de la part d'un Etat civilisé", a-t-elle ajouté.

Des manifestants ont scandé "Non au pouvoir des tchékistes!" (membres des services secrets, ndlr), ou encore "Navalny!", le nom de l'opposant numéro 1 au président Vladimir Poutine, qui est poursuivi et assigné à résidence à Moscou.

Au même moment, plusieurs milliers de personnes -- 15 000 selon la police -- étaient rassemblées près de la Place de la Révolution et du Kremlin, à l'appel d'organisations nationalistes, avec des banderoles de soutien à la politique de Vladimir Poutine.

"Il n'y aura pas de Maïdan à Moscou!", ont lancé les orateurs, faisant allusion au nom de la Place de l'Indépendance de Kiev, la capitale ukrainienne, où trois mois de manifestations ont débouché fin février sur la chute du président Viktor Ianoukovitch, réfugié depuis en Russie, et l'installation d'un nouveau pouvoir pro-occidental.

Nombre de jeunes gens portaient des coupe-vent rouges avec au dos le dessin du contour de l'ex-URSS et l'inscription "CCCP 2.0", allusion à la manière des logiciels informatiques à une nouvelle Union soviétique.

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