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Des Algériens manifestent contre la candidature du président Bouteflika

15/03/2014 06:50 EDT | Actualisé 15/05/2014 05:12 EDT

ALGER, Algérie - Une centaine de membres d'un nouveau mouvement antigouvernemental en Algérie ont organisé une rare manifestation samedi, dénonçant la décision du président sortant de briguer un quatrième mandat.

Même si le rassemblement était étroitement surveillé, les policiers n'ont pas violemment dispersé les manifestants du groupe Barakat («Assez!») comme ils l'ont fait lors d'autres manifestations similaires. La cofondatrice du groupe, Amira Bouraoui, a estimé que les autorités avaient décidé de faire preuve de retenue après les «images de répression» de la semaine dernière.

Le président Abdelaziz Bouteflika, âgé de 77 ans, se porte candidat pour un nouveau mandat après 15 années passées au pouvoir, même s'il a subi l'an dernier un accident vasculaire cérébral qui a affecté son élocution et sa capacité à se mouvoir. Six candidats participent à la course présidentielle en vue de l'élection du 17 avril, mais M. Bouteflika devrait l'emporter facilement grâce à l'appui du puissant appareil étatique.

L'Algérie, un pays riche en pétrole et en gaz, maintient un système politique étroitement contrôlé, dominé par l'armée et le parti au pouvoir. L'essentiel de l'économie du pays s'appuie sur l'exploitation des hydrocarbures et peu d'emplois sont créés pour la population de 38 millions d'habitants.

Malgré le petit nombre de participants à la manifestation de Barakat, les observateurs estiment qu'il s'agit d'un événement important.

Selon eux, cela rappelle le mouvement Kifaya (qui signifiait aussi «Assez!») en Égypte contre le président Hosni Moubarak, qui a mené au soulèvement ayant renversé le gouvernement.

«C'est une solution de rechange aux partis politiques classiques qui ont échoué et cela nous rappelle les jeunes qui étaient derrière le Printemps arabe en Tunisie et en Égypte», estime Rachid Tlemcani, analyste politique à l'université d'Alger.

Selon M. Tlemcani, la répression des autorités face à ce mouvement montre leur insécurité.

«Elles craignent que ce mouvement soit le catalyseur d'un embrasement plus grand parce que tous les ingrédients d'une explosion sont présents.»

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