POLITIQUE

Constitution canadienne: des discussions lorsque l'occasion se présentera (VIDÉO)

15/03/2014 09:30 EDT | Actualisé 15/05/2014 05:12 EDT

SEPT-ÎLES, Qc - Il n'y a «aucune urgence» à ramener le dossier constitutionnel à l'ordre du jour, estime le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard, qui — s'il est élu premier ministre — a l'intention d'aborder les demandes du Québec uniquement s'il est questionné sur le sujet.

Venu présenter des éléments de son «Plan Nord+» destinés à la Côte-Nord, samedi, à Sept-Îles, le chef libéral a tempéré ses propos sur une éventuelle adhésion de la province dans la Constitution en tentant, à plusieurs reprises, d'esquiver les questions sur ce dossier épineux.

«Lorsque je vais me promener (en tant que premier ministre), ça sera d'abord et avant tout pour parler d'économie, a-t-il rappelé à maintes reprises, en conférence de presse. Si d'autres veulent nous parler de leur intérêt sur cette question, on le fera en présentant les intérêts du Québec.»

La veille, à Val-d'Or, M. Couillard s'était pourtant montré désireux d'entreprendre une tournée canadienne, s'il était porté au pouvoir, afin de convaincre les provinces ainsi qu'Ottawa d'entamer des démarches pour que le caractère spécifique de la nation québécoise soit reconnu dans la Constitution canadienne.

Questionné de nouveau sur le dossier, au 11e jour de la campagne électorale, le chef libéral a tempéré ses propos en laissant entendre qu'il allait plutôt laisser ses homologues faire les premiers pas.

«On va voir si les gens veulent venir à nous (...), a-t-il dit. Ça ne sera pas le but de mes visites. Est-ce que nos libertés sont menacées actuellement? Personne n'est malheureux au Québec.»

M. Couillard a reconnu avoir eu des discussions «informelles» avec différents intervenants fédéraux, mais il n'a pas voulu révéler si le dossier constitutionnel avait été au coeur des échanges.

Même si tout amendement constitutionnel nécessite entre autres l'accord de l'ensemble des provinces et territoires en plus de celui du gouvernement fédéral, le chef du PLQ ne croit pas que d'autres discussions entourant l'adhésion du Québec à la Constitution pourraient semer la zizanie dans le Canada.

«Ma position d'unir le Canada et d'unir le caractère spécifique du Québec est bien reçue partout», a assuré M. Couillard.

Ce dernier a réitéré qu'il voudrait conserver les cinq conditions figurant dans l'accord du lac Meech, dont la notion de société distincte, afin que le Québec puisse éventuellement signer la Loi constitutionnelle de 1982.

Au cours de la course à la direction du PLQ, M. Couillard s'était montré ouvert à relancer les discussions constitutionnelles avec le reste du Canada. À Sept-Îles, il a cependant laissé entendre que cette question ne figurait plus au haut de sa liste de priorités.

«Si vous demandez de choisir ce que je veux avoir réalisé après quatre ans comme premier ministre entre créer 250 000 emplois et la Constitution, je choisis les emplois et je tasse la Constitution», a-t-il dit.

M. Couillard s'est par ailleurs prononcé en faveur du controversé projet minier à ciel ouvert Mine Arnaud à Sept-Îles, affirmant que ses promoteurs devront cependant se conformer aux recommandations du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) afin qu'il puisse aller de l'avant.

Le chef libéral a également réitéré son appui à l'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti, ce qui ne l'empêche pas de se questionner quant à l'implication financière du gouvernement du Québec dans l'aventure.

«Je suis en faveur de l'exploitation pétrolière au Québec, mais je ne veux pas que le contribuable soit placé au bâton au mauvais moment et de la mauvaise façon», a-t-il expliqué.

S'il remporte l'élection du 7 avril, M. Couillard dit avoir l'intention de «respecter la signature de l'État» quant aux ententes signées avec les entreprises pétrolières impliquées dans le projet, ajoutant qu'elles seraient toutefois examinées de près.

Il a également défendu le projet de 1 milliard $ de la cimenterie de Port-Daniel, en Gaspésie, qui recevra une aide financière gouvernementale estimée à 350 millions $.

Finalement, les mauvaises conditions météorologiques ont perturbé la tournée libérale sur la Côte-Nord en empêchant l'avion de l'équipe de M. Couillard de se poser en Gaspésie samedi. Une visite dans cette région de la province aura lieu plus tard, assuré l'équipe libérale.

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