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Combats au nord de Damas, le conflit entre dans sa quatrième année, sans issue en vue

15/03/2014 06:58 EDT | Actualisé 15/05/2014 05:12 EDT

Des combats faisaient rage samedi à l'entrée d'un bastion clé rebelle dans la province de Damas, alors que le conflit en Syrie est entré dans sa quatrième année, avec 146.000 morts, des millions de déplacés et sans espoir d'une issue proche.

Signe que le président Bachar el-Assad n'est pas prêt à lâcher le pouvoir et à se réconcilier avec l'opposition, le Parlement a voté vendredi une loi qui ouvre la voie à sa réélection, en excluant de facto l'opposition en exil de la prochaine présidentielle.

Le médiateur international Lakhdar Brahimi a jugé que l'organisation unilatérale par le régime d'une présidentielle torpillerait les négociations de paix, s'attirant les critiques de Damas qui l'a accusé d'avoir "outrepassé" son rôle.

De leur côté, les Etats-Unis, qui comme les autres pays occidentaux réclament le départ du président Assad, ont fait part de leur "dégoût" face à la tenue de la prochaine élection.

M. Assad, qui est au pouvoir depuis 14 ans et dont le mandat expire le 17 juillet, n'a pas encore officiellement annoncé son intention de briguer un troisième mandat mais il a affirmé en janvier à l'AFP qu'il y avait de "fortes chances" qu'il le fasse.

Sur le terrain, les bombardements et combats continuent sans relâche dans le pays, comme dans la région montagneuse de Qalamoun, près de la frontière libanaise.

"Des combats acharnés se déroulent à l'entrée est de Yabroud entre rebelles d'une part et Hezbollah libanais et armée d'autre part, accompagnés de bombardement intenses des hélicoptères du régime", a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Il y a une résistance féroce des rebelles menés par le Front Al-Nosra", la branche d'Al-Qaïda en Syrie, a-t-il ajouté.

Selon une source militaire l'armée était entrée vendredi dans la ville par l'entrée est.

Depuis plusieurs semaines, armée et Hezbollah pilonnaient fréquemment Yabroud, la dernière ville importante tenue par les rebelles à Qalamoun.

Trois ans de combats et de bombardements ont dévasté le pays, frappé par une grave crise humanitaire, et dont l'économie est à genoux.

Le soulèvement est né quelques semaines après le renversement des dictateurs tunisiens et égyptiens, par des rassemblements pacifiques les 15 et 16 mars 2011 pour protester contre l'arrestation de jeunes accusés d'avoir tagué des graffitis anti-régime dans le sud du pays.

Face à l'impitoyable répression, il s'est militarisé à partir de l'été, jusqu'à devenir une guerre totale en février 2012 avec le bombardement de Homs (centre).

- Impasse sur le plan diplomatique -

En trois ans, plus de 146.000 personnes sont mortes selon l'OSDH, et plus de neuf millions de personnes ont été poussées à la fuite, soit la plus importante population de déplacés au monde selon l'ONU.

Au moins un million d'enfants sont privés d'aide humanitaire selon l'Unicef, et plus de 250.000 Syriens sont assiégés selon l'ONU, réduits à choisir "entre famine et reddition".

L'opposition contrôle plus de territoire mais le régime tient sous sa coupe les régions les plus densément peuplées.

Le régime a repris ces derniers mois du terrain, profitant d'une opposition divisée et d'une rébellion gangrénée par des groupes jihadistes.

Une guerre sans merci oppose depuis janvier 2014 les rebelles en majorité islamistes et la branche officielle d'Al-Qaïda en Syrie, le Front al-Nosra, aux jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), dont la brutalité et la volonté d'hégémonie ont attisé la haine de leurs anciens frères d'armes.

Mais aucun des protagonistes -- ni le régime soutenu sans faille par la Russie et l'Iran, ni l'opposition soutenue par deux acteurs rivaux, l'Arabie saoudite et le Qatar -- ne semble avoir les moyens de l'emporter militairement.

"Les luttes intestines entre rebelles ont permis à Assad de regagner des territoires, mais ces avancées ne suffisent pas à faire basculer la situation et lui permettre de reprendre tout le pays", souligne Aron Lund, rédacteur en chef du site web Syria in Crisis.

Sur le front diplomatique, c'est également l'impasse.

L'échec des négociations de Genève en janvier et février, qui ont pour la première fois en trois ans de conflit mis face à face des représentants du régime et de l'opposition, a sonné le glas des espoirs diplomatiques, malgré les dénégations des chancelleries occidentales.

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