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Au revoir Kaboul

15/03/2014 01:35 EDT | Actualisé 15/03/2014 01:35 EDT
PC

Les derniers militaires canadiens en Afghanistan rentrent au pays mettant fin à une mission de 12 ans. Que laissent-ils derrière eux?

Un reportage de Ginette Lamarche à Désautels le dimanche

La secousse provoquée par les attentats du 11 septembre 2001 a des répercussions jusqu'à aujourd'hui. Treize ans plus tard, les derniers militaires canadiens rentrent au pays.

Ce fut la plus ambitieuse, la plus longue, la plus coûteuse opération militaire canadienne depuis la Seconde Guerre mondiale. Lorsque le premier ministre Jean Chrétien annonce que le Canada enverra des troupes en Afghanistan, il ne cache pas qu'il s'agit d'une mission périlleuse.

« Je ne peux pas vous promettre que la campagne contre le terrorisme sera facile, mais je peux vous promettre qu'elle sera gagnée. »

— Jean Chrétien, alors premier ministre du Canada - 7 octobre 2001

À la rencontre d'un peuple guerrier

L'ambition du président américain, Georges W. Bush, c'est de traquer dans leur dernier refuge les terroristes, à commencer par Oussama Ben Laden. On soupçonne que ce dernier se cache dans les montagnes du nord de l'Afghanistan, qu'il est protégé par les talibans, qui contrôlent pratiquement l'ensemble du pays.

Avant le 11 septembre, les Occidentaux se préoccupaient peu des talibans. Il y avait bien eu des protestations pour s'opposer à la destruction des bouddhas de Bamiyan. On s'indignait du sort réservé aux femmes cloîtrées chez elle. L'Afghanistan était devenu un enfer, où tout divertissement et tout signe de modernité étaient bannis et violemment réprimés.

Quand les troupes américaines et canadiennes arrivent en Afghanistan, ils rencontrent un peuple guerrier qui n'a connu que les conflits durant les 20 dernières années. Les jeunes hommes ne vont pas non plus à l'école. Ils sont enrôlés dès le plus jeune âge pour combattre l'ennemi.

À l'automne 2001, appuyée par les bombardements américains, l'Alliance du Nord reprend tour à tour les villes du nord, puis Kaboul, la capitale, et enfin le fief des talibans, Kandahar.

Dans la foulée de la déroute des talibans, les troupes canadiennes arrivent. Leur première mission : sécuriser les routes du pays et aider le gouvernement d'Hamid Karzaï à reconstruire le réseau scolaire.

Dès le printemps 2002, notre reporter Sylvain Desjardins constate l'engouement des parents afghans pour les écoles de filles.

« Depuis le 20 décembre dernier, les choses changent. Des centaines de filles en petite robe noire, la tête couverte d'un châle blanc, marchent dans les rues de Kandahar à 8 h le matin »

— Extrait du reportage de Sylvain Desjardins - février 2002

De plus en plus d'attentats suicide

La mission canadienne s'est corsée par la suite, à partir de 2005, avec les opérations de combats et le retour progressif des talibans. Le nombre d'attentats suicide se multiplie, le travail des militaires devient de plus en plus périlleux. Malgré tout, le mandat canadien de former les policiers et les soldats de l'armée afghane suit son cours.

Les militaires canadiens rentrent au pays avec le sentiment du devoir accompli. Les Afghans peuvent désormais compter sur une armée et des services de police inexistants en 2001.

Il y aura des élections, le mois prochain. L'économie a quadruplé en dix ans. Le retour des talibans, qui promettent à la population de nettoyer le pays de la corruption qui gangrène l'administration publique, a un air de déjà-vu. Au milieu des années 90, ils ont réussi à séduire la population avec les mêmes promesses.

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