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Vol MH370: la piste de l'intervention humaine se précise de plus en plus

14/03/2014 08:38 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT

KUALA LUMPUR, Malaisie - Les enquêteurs sont de plus en plus convaincus que l'avion malaisien qui s'est volatilisé il y a près d'une semaine est repassé au-dessus du pays après son dernier contact radar et qu'un pilote habile est responsable du changement de trajectoire, a indiqué vendredi un membre du gouvernement malaisien.

À Washington, un responsable américain a révélé que les enquêteurs étudient la possibilité d'une «intervention humaine» pour expliquer la disparition de l'appareil et ajouté qu'il pourrait s'agir d'un «acte de piratage». Ce responsable a précisé, sous le couvert de l'anonymat, que l'avion peut s'être posé quelque part.

Même si d'autres théories sont toujours sur la table, le responsable a rappelé que le transpondeur de l'avion s'est éteint une douzaine de minutes avant qu'un autre système de communication ne se taise lui aussi, ce qui pointe en direction d'une intervention humaine.

S'exprimant lui aussi sous le couvert de l'anonymat, le responsable malaisien a expliqué que seul un individu habile aurait pu piloter l'avion de la manière dont il l'a été après sa dernière présence confirmée au-dessus de la mer de Chine méridionale.

Plus tôt vendredi, le ministre malaisien des Transports, Hishammmuddin Hussein, a déclaré que son pays tente toujours de déterminer avec certitude ce qui a pu se passer quand l'avion est disparu des écrans radar et qu'il a cessé toute communication 40 minutes après le début du vol, le 8 mars.

Il a ajouté que les enquêteurs essaient de vérifier avec certitude si un radar militaire a détecté le vol MH370 alors qu'il traversait la péninsule malaisienne en direction du détroit de Malacca.

«Je serai la personne la plus heureuse du monde si on peut confirmer que c'est le (vol) MH370, alors nous pourrons déplacer toutes nos recherches de la mer de Chine méridionale vers le détroit de Malacca», a dit M. Hishammuddin.

Le responsable malaisien a toutefois révélé qu'il a maintenant été déterminé avec «plus de 50 pour cent» de certitude que c'était bel et bien le Boeing 777 manquant.

Un responsable américain a révélé jeudi à l'Associated Press que l'avion a transmis des signaux à un satellite pendant quatre heures après sa disparition des écrans, samedi matin, ce qui signifie que l'appareil pourrait avoir emporté ses 239 passagers loin hors de la zone actuelle de recherches.

«J'espère avoir quelque chose de concluant d'ici deux jours», a lancé M. Hishammuddin lors d'une conférence de presse.

Le responsable américain a précisé, sous le couvert de l'anonymat, que l'avion n'envoyait pas de données au satellite, mais qu'il y envoyait automatiquement un signal pour établir le contact.

«C'est comme quand votre téléphone cellulaire est éteint mais qu'il envoie quand même un petit message 'Je suis là!' au réseau cellulaire, a dit l'expert. C'est comme ça qu'on arrive parfois à trianguler votre position, parce que votre téléphone envoie parfois un petit signal. C'est un peu ce qui s'est passé ici.»

La Chine a demandé au gouvernement malaisien de divulguer toute l'information dont il dispose. L'appel lancé par Pékin témoigne de la frustration croissante des responsables chinois, concernant les informations contradictoires qui circulent quant au sort de l'avion.

L'Inde, enfin, a annoncé qu'elle a entrepris de fouiller des centaines d'îles désertes dans la mer d'Andaman. L'archipel, au sud de la Birmanie, comprend 572 îles dans un secteur de 52 kilomètres par 720 kilomètres, mais seulement 37 d'entre elles sont habitées; toutes les autres sont couvertes d'une jungle épaisse.

Les militaires indiens utilisent notamment des détecteurs thermiques pour fouiller les îles, qui ne comptent que quatre pistes d'atterrissage. Seul l'aéroport principal de Port Blair peut toutefois accueillir des avions commerciaux.

La marine indienne envisage aussi d'élargir ses recherches vers l'ouest, dans le golfe du Bengale.

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