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Un Rwandais reconnu coupable de génocide lors d'un procès historique en France

14/03/2014 03:26 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT

PARIS - Un tribunal de Paris a prononcé le premier verdict de culpabilité pour génocide en France, vendredi, condamnant un Rwandais à 25 ans de prison pour son rôle dans le massacre qui a fait plus de 500 000 morts au Rwanda en 1994.

L'important procès de Pascal Simbikangwa, 54 ans, ouvre la voie à ce qui pourrait être le premier d'une dizaine de procès en France pour l'une des plus grandes tueries du 20e siècle dans le monde.

L'ancien chef du renseignement rwandais a été reconnu coupable de génocide et de complicité de crimes contre l'humanité. On ne sait pas si ses avocats porteront sa condamnation en appel.

Au dernier jour du procès qui a duré plus de cinq semaines, vendredi, M. Simbikangwa a clamé son innocence, insistant sur le fait qu'il n'avait jamais vu les cadavres qui jonchaient les rues et les villes du Rwanda à l'époque du génocide.

Dans sa dernière déclaration devant le jury, composé de trois magistrats et de six jurés civils, il a affirmé que l'authenticité de son innocence n'avait «plus besoin d'être prouvée».

Les avocats de la poursuite et de la défense ont souligné le caractère précurseur de ce procès, le premier pour génocide en France depuis les changements apportés au Code criminel français, au milieu des années 1990. Même si les procédures ne portaient pas sur le rôle présumé de la France dans le massacre, le sous-entendu du procès était que les autorités françaises — politiciens, diplomates et enquêteurs judiciaires — ont fermé les yeux sur le génocide rwandais pendant des années.

La police a encerclé une dizaine de militants qui criaient «La France a été complice du génocide!» et qui tentaient de manifester à l'extérieur de la cour. Ils n'avaient pas l'autorisation nécessaire et ont été escortés plus loin, ont précisé les autorités.

La justice française continue d'enquêter sur une vingtaine de cas de Rwandais supposément liés au génocide, en plus d'autres cas de viols allégués et de complicité de génocide dont les suspects n'ont pas été identifiés publiquement.

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