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Ukraine: les pro-russes de Kharkiv préparent leur propre "référendum"

14/03/2014 12:41 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT

La tension est montée encore d'un cran vendredi dans l'Est de l'Ukraine avec l'annonce des militants pro-russes de Kharkiv qu'ils allaient tenir dimanche un "référendum" lors d'un rassemblement, au moment du vote en Crimée.

Ces partisans de Moscou sont sur la même longueur d'onde que le "Premier ministre" séparatiste pro-russe de la péninsule ukrainienne de Crimée, Serguiï Axionov. Ce dernier vient d'appeler les bastions russophones de l'est à organiser des référendums sur le modèle du scrutin de dimanche pour le rattachement de la Crimée à la Russie.

Le tract du mouvement pro-russe de Kharkiv, qui annonce aussi une série de rassemblements samedi à Kharkiv, Lougansk, Donetsk, Marioupol et Odessa, propose un vote calqué sur celui prévu en Crimée, à savoir un choix entre une autonomie élargie et le rattachement à la Russie.

Ses signataires, qui annoncent l'installation de 100 à 200 urnes sur la place centrale de Kharkiv, se proposent aussi de "prendre le pouvoir" et de "demander l'aide de la Russie".

Leur initiative a paru assez sérieuse au gouverneur de la région, Igor Balouta, pour convoquer une réunion d'urgence des responsables de la sécurité, et pour lancer un appel aux habitants à éviter les rassemblements, mettant en garde contre "de possibles actes terroristes".

En fin d'après-midi, le tribunal administratif de Kharkiv, saisi par le conseil municipal, a interdit la tenue du rassemblement de dimanche.

De son côté, l'un des principaux leaders de la coalition au pouvoir, l'ex-boxeur Vitali Klitschko, a appelé les services de sécurité à arrêter les organisateurs du "référendum", ajoutant qu'il s'attendait à y voir des provocations russes.

Ces initiatives inquiètent à Kiev, au lendemain de la mort d'un manifestant à Donetsk, une autre ville de l'Est, après laquelle la Russie s'est dite prête à protéger "ses concitoyens et compatriotes" dans la région.

Bien avant cette déclaration du ministère russe des Affaires étrangères, qui s'accompagne de manoeuvres militaires à proximité des frontières ukrainiennes, de nombreux Ukrainiens se demandaient si la poussée russe s'arrêterait aux frontières de la Crimée.

- Appel au calme -

Désormais, la menace est devenue plus explicite. Côté ukrainien, la première réaction a consisté à tout faire pour éviter d'autres incidents entre séparatistes pro-russes et partisans de l'unité du pays, qui risqueraient d'être exploités par Moscou.

A Donetsk, la plus grande ville industrielle de l'Est où un manifestant de 22 ans est mort poignardé jeudi soir lors de heurts avec des militants pro-russes, le maire Olexandre Loukiantchenko, a appelé les habitants à ne pas descendre dans la rue pendant le week-end.

Certains groupes soutenant Kiev ont fait écho à son appel, d'autres ont maintenu leur intention de manifester, malgré la décision de la mairie d'interdire tout rassemblement.

L'homme le plus riche d'Ukraine, Rinat Akhmetov, dont l'empire industriel est basé dans le Donbass --région dont Donetsk est le chef-lieu-- a lancé un appel à tous les habitants de la région pour qu'ils "s'abstiennent de régler leurs problèmes dans les rues et sur les places" et "ne cèdent pas aux émotions".

"Nous sommes la famille unie du Donbass et devons la rester, famille unie du Donbass dans une Ukraine unie et entière", a-t-il conclu.

A Kiev, l'opposition parlementaire pro-russe a proposé sa solution à la crise. Le Parti des régions du président déchu Viktor Ianoukovitch - qui a pris ses distances avec lui après sa chute et son départ pour la Russie - a demandé de faire du russe la deuxième langue officielle et d'octroyer plus d'autonomie aux régions pro-russes.

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