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Ukraine: le compte à rebours commence, Kerry tente un ultime effort

14/03/2014 05:01 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT
Win McNamee via Getty Images
WASHINGTON, DC - MARCH 13: U.S. Secretary of State John Kerry testifies before the Senate Appropriation Committee's State, Foreign Operations and Related Programs Subcommittee March 13, 2014 in Washington, DC. Kerry spoke on the situation in Ukraine during the hearing in addition to the fiscal year 2015 State Department budget request. (Photo by Win McNamee/Getty Images)

A 48 heures du référendum devant sceller le rattachement de la région ukrainienne de Crimée à la Russie, les Occidentaux tentent une dernière fois d'infléchir la position du Kremlin alors que l'armée russe manoeuvre à proximité de l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry est arrivé vendredi matin à Londres pour une rencontre de la dernière chance avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

Ce sera la quatrième fois en une semaine que les deux hommes, rompus aux négociations difficiles avec les dossiers iranien et syrien, se retrouvent pour tenter de trouver une solution à la crise ukrainienne. Le responsable américain devait s'entretenir d'abord avec le Premier ministre britannique David Cameron et son homologue britannique William Hague avant de rencontrer M. Lavrov pour tenter de dissuader Moscou de procéder au rattachement de la Crimée.

Avant de quitter jeudi soir Washington, John Kerry a prévenu que les Etats-Unis et l'Union européenne étaient prêts à prendre "une série de mesures très sérieuses" dès lundi, au lendemain du référendum, visant Moscou.

Parallèlement, le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk, intervenant au Conseil de sécurité des Nations unies, a demandé à Moscou de retirer ses soldats envoyés dans la péninsule et d'entamer des négociations.

Premier mort à Donetsk

Jeudi, la mort d'un manifestant pro-Kiev, poignardé lors de heurts avec des sympathisants de la Russie à Donetsk, a rappelé que les tensions ne se limitent pas à la Crimée, mais touchent aussi l'est russophone du pays où des mouvements sécessionnistes se sont manifestés ces dernières semaines.

De nombreux Ukrainiens pensent que la Russie ne s'arrêtera pas aux frontières de la Crimée.

A Kiev, l'ancien candidat républicain à la présidence des Etats-Unis John McCain et le secrétaire général adjoint de l'ONU Ivan Simonovic, devaient rencontrer les nouvelles autorités ukrainiennes pour les assurer de leur soutien à une solution politique du conflit.

Appel au boycott

En Crimée même, des manifestations de Tatars, opposés au référendum et au rattachement à la Russie, sont attendues dans l'après-midi.

Dans la soirée de jeudi, le leader historique de la minorité tatare de Crimée, Moustafa Djemilev, a appelé au boycott du référendum et demandé à l'Otan d'intervenir "avant qu'il y ait un massacre". En visite à Bruxelles, il devait le redire vendredi aux responsables de l'Alliance atlantique.

Dans une interview à l'AFP, il a indiqué que les Tatars "n'allaient pas faire la guerre à la Russie mais défendraient l'intégrité territoriale de leur pays".

Les Tatars ont reçu récemment le soutien de la Turquie, jusque là discrète sur la question. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a fait savoir au président Vladimir Poutine, lors d'un entretien téléphonique, que son pays "n'a jamais laissé tomber les Tatars de Crimée et ne le ferait jamais".

Manoeuvres militaires russes

Sur le terrain, Moscou n'en continue pas moins d'organiser des manoeuvres militaires dans la région de Rostov-sur-le-Don, près de la frontière ukrainienne. Quelque 4 000 parachutistes, 36 avions et environ 500 véhicules y participent, selon l'agence officielle russe Itar-Tass.

Cette démonstration de force est complétée par le déploiement au Belarus de six avions de combats Su-27 et de trois avions de transport militaire, pour répondre aux vols des avions radar Awacs de l'Otan dans le ciel polonais et roumain.

Selon le ministère russe de la Défense, des exercices militaires auront lieu jusqu'à la fin du mois dans les régions de Rostov-sur-le-Don, Belgorod, Tambov et Koursk.

A Kiev, les députés ukrainiens ont approuvé jeudi la création d'une Garde nationale qui viendrait prêter main forte à l'armée ukrainienne et ses 130 000 hommes, dont une moitié de conscrits, alors que la Russie dispose au total d'une armée de 845 000 soldats. Cette Garde nationale pourrait compter jusqu'à 60 000 hommes. Leur recrutement et leur formation ont déjà commencé.

En Crimée, un choix "entre oui et oui"

Sur la scène internationale, les Européens accélèrent le rapprochement avec l'Ukraine. Le volet politique de l'accord d'association avec l'Union européenne pourrait être signé au cours du prochain sommet de l'UE, prévu à Bruxelles les 20 et 21 mars.

Dans la péninsule, les autorités séparatistes pro-russes achèvent les préparatifs du scrutin. L'issue ne fait guère de doute, ce qui a poussé le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius à ironiser sur un vote où les électeurs devront choisir "entre oui et oui".

Les tensions autour de l'Ukraine commencent à avoir un impact sur l'économie mondiale. La Bourse de Tokyo a terminé la séance de vendredi en forte baisse de 3,30%, attribuée en partie au conflit en Crimée. A Moscou, la Bourse chutait de près de 5% à la mi-journée.

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