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Trois candidats se livrent à un débat musclé sur les questions économiques

14/03/2014 04:48 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Martin Coiteux, nouveau candidat libéral et membre de l'équipe économique de Philippe Couillard, s'est montré d'une rare pugnacité lors d'un débat organisé vendredi à Montréal par l'Institut du Québec, la Fédération des chambres de commerce du Québec et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

M. Coiteux s'est attaqué avec vigueur au ministre des Finances sortant, Nicolas Marceau, sans pour autant ménager le porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière de finances, Christian Dubé.

Il a accusé le Parti québécois d'avoir mis le Québec «à feu et à sang» avec ses politiques économiques et d'avoir permis aux questions référendaire et identitaire de «kidnapper» les questions économiques de la campagne.

«On peut parler aujourd'hui de politique économique, mais ça va être essentiellement kidnappé par le débat référendaire et le débat sur l'identité», a-t-il dit.

Cela ne l'a pas empêché de faire exactement ce qu'il reprochait au Parti québécois en affirmant que la question identitaire était en soi une politique économique pour Montréal puisqu'elle vient, selon lui, nier la diversité de la métropole.

Il a par ailleurs sommé M. Marceau de déposer un cadre financier avant la tenue du débat des chefs, lui reprochant d'avoir caché ses intentions pour les compressions à venir en présentant un budget sans livrer les crédits.

«Ce n'est pas un cadre financier, le budget; il y a des colonnes de dépenses qui ne sont pas financées; il y a des coupes qui ne sont pas identifiées. Ce n'est pas un cadre financier. On demande au Parti québécois de déposer son cadre financier avant le débat des chefs», a martelé le candidat libéral.

M. Marceau, qui est demeuré calme tout au long du débat, a rétorqué que son cadre financier était clair, que son budget ne prévoyait aucune hausse de taxes et d'impôts et que les libéraux n'avaient aucune crédibilité pour promettre la même chose après les avoir augmentés de 6 milliards $ durant leur règne.

«On a montré notre capacité à contrôler les dépenses, contrairement à vous. On est en train de montrer aussi notre capacité à contrôler notre dette. Vous avez augmenté, l'ancien gouvernement avait augmenté de 6 milliards $ les taxes et les impôts. Quelle crédibilité a une promesse de ne pas augmenter les taxes et les impôts alors que vous n'avez fait que cela les dernières années?», a lancé le ministre des Finances sortant.

M. Marceau a également choisi un autre angle d'attaque en clôture de débat, reprochant aux libéraux de n'avoir rien fait pour lutter contre la corruption, contrairement à son gouvernement.

«Sous l'ancien gouvernement et sous le Parti libéral, qui ne s'est pas amendé, il n'y a jamais eu d'effort de lutte contre la corruption. Ç'a été très dommageable pour l'économie du Québec. Qui voulez-vous qui mette en oeuvre les recommandations de la commission Charbonneau? Poser la question, c'est y répondre», a déclaré M. Marceau.

Martin Coiteux a aussi placé la CAQ dans sa mire, reprochant à celle-ci de vouloir réaliser des «coupes à la mitraillette» dans l'appareil étatique.

«Des coupes à la mitraillette du type de celles qui sont préconisées par la Coalition avenir Québec, ça va juste ralentir davantage l'économie et ce ne va pas les aider à équilibrer le budget», a-t-il affirmé.

Christian Dubé a pour sa part campé sur les positions présentées par son chef François Legault en début de campagne, à savoir que la CAQ réduirait les taxes et impôts des familles en éliminant la taxe santé et la taxe scolaire et en abolissant les commissions scolaires et les agences de santé.

M. Dubé s'est également prononcé en faveur d'une réduction de l'aide gouvernementale aux entreprises, estimant que l'État n'avait pas les moyens d'allonger des sommes importantes dans un contexte budgétaire comme celui dans lequel il se trouve.

«Prenez les services aux entreprises: les 450 millions $ qu'on a dit qu'on ne pouvait plus se permettre aux entreprises, il faut avoir le courage de le faire (les couper)», a affirmé le candidat caquiste.

Malgré les échanges robustes, le modérateur du débat, le journaliste Bernard Derome, n'a pas eu à s'interposer, les participants faisant tout de même preuve de respect. M. Derome a cependant dû les ramener sur le sujet à quelques reprises.

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