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Syrie: armée et Hezbollah aux portes de la ville rebelle de Yabroud (ONG)

14/03/2014 10:43 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT

L'armée syrienne et le puissant Hezbollah libanais se trouvaient vendredi aux portes de Yabroud, un des principaux bastions rebelles dans la province de Damas, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Les unités de l'armée syrienne ont avancé dans les environs de Yabroud et contrôlent l'entrée est, ainsi que la périphérie nord-est" de la ville, a indiqué pour sa part la télévision d'Etat, évoquant un "effondrement dans les rangs des groupes terroristes (rebelles dans le langage du régime syrien).

Le Hezbollah, qui mène principalement cette bataille pour déloger les insurgés de cette ville proche de la frontière libanaise, et l'armée syrienne "ont chassé les rebelles de la colline d'Aqaba", à l'entrée est de Yabroud, a indiqué l'OSDH, qui dispose d'un large réseau de sources civiles, médicales et militaires.

"C'est le point le plus proche jamais atteint par le Hezbollah et l'armée dans la région de Yabroud", a précisé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

"De violents combats se déroulent également à la périphérie nord, entre la localité de Sahel et Yabroud", a-t-il ajouté.

"Ils veulent encercler totalement les rebelles à Yabroud pour les déloger", précise M. Abdel Rahmane.

Le Front Al-Nosra, branche d'Al-Qaïda en Syrie et qui mène les combats à Yabroud, a reconnu que "l'une des positions à Aqaba est tombée", (...) poussant les frères combattants à se replier vers des bases arrière".

Le groupe jihadiste a toutefois indiqué que "des renforts sont arrivés", niant tout retrait de Yabroud.

Un militant de la région, Hani, a confirmé à l'AFP la prise par l'armée et le Hezbollah d'une "position dans la région d'Aqaba, à 5 km de Yabroud.

La bataille de Yabroud est cruciale pour le Hezbollah.

Le parti chiite, qui a reconnu officiellement au printemps 2013 son engagement militaire auprès du régime, veut en effet bloquer toute infiltration rebelle vers le Liban, notamment vers la ville sunnite d'Aarsal, dans l'est du pays.

Il assure que les voitures utilisées dans les attentats qui ont frappé ses bastions au cours des derniers mois sont piégées à Yabroud avant d'être conduites vers le Liban, via Aarsal.

Sur un autre front dans cette guerre très complexe opposant loyalistes aux rebelles mais aussi rebelles aux jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), ce groupe a retiré vendredi totalement ses combattants des provinces d'Idleb (nord-ouest) et de Lattaquié (ouest).

Face aux combats avec les autres factions rebelles, "l'EIIL n'est plus en mesure de défendre ses combattants" dans ces régions, a indiqué l'OSDH, affirmant que le retrait avait débuté il y a une semaine.

"Des brigades rebelles s'apprêtaient à s'engager dans des combats contre eux", a ajouté l'ONG.

Le groupe jihadiste, rejeté pour ses abus contre les civils, son interprétation extrême de l'islam et ses tendances hégémoniques, avait déjà retiré ses combattants de plusieurs localités de la province d'Alep (nord) depuis janvier.

L'EIIL se retranche désormais dans ce qui est désormais son "mini-Etat", la province de Raqa, à l'est d'Alep.

La guerre entre rebelles et jihadistes a fait 4.000 morts depuis le 3 janvier, selon un nouveau bilan de l'OSDH.

Le conflit syrien a fait plus de 146.000 morts en trois ans.

ram/faa

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