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Procès Pistorius: les enquêteurs ont volé une montre et souillé l'arme du crime

14/03/2014 05:51 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT
Gallo Images via Getty Images
PRETORIA, SOUTH AFRICA - MARCH 13 (SOUTH AFRICA OUT) Oscar Pistorius leaves the Pretoria High Court on March 13, 2014, in Pretoria, South Africa. Oscar Pistorius stands accused of the murder of his girlfriend, Reeva Steenkamp, on February 14, 2014. This is Pistorius' official trial, the result of which will determine the paralympian athlete's fate. (Photo by Daniel Born/The Times/Gallo Images/Getty Images)

Les enquêteurs dépêchés chez Oscar Pistorius après le meurtre de son amie Reeva Steenkamp le 14 février 2013 ont manipulé sans gants l'arme du crime et une montre de valeur lui appartenant s'est volatilisée, a avoué vendredi au procès un policier sud-africain.

"L'expert en balistique manipulait l'arme sans gants. Il avait déjà retiré le barillet", a témoigné Giliam van Rensburg, un responsable qui a quitté la police fin 2013.

"Je lui ai demandé: +Qu'est-ce que vous faites?+ Il a dit +désolé+, l'a remis en place et a alors seulement sorti des gants de sa poche", a-t-il ajouté.

M. van Rensburg, qui dirigeait alors un commissariat des environs, a également déploré le vol d'une montre de l'athlète estimée à quelque 7.000 euros. "J'ai dit: +Je ne peux pas le croire. Nous étions là. Comment cette montre peut-elle avoir disparu?+", a-t-il raconté. "J'étais furieux!"

Des fouilles des enquêteurs et des véhicules n'ayant rien donné, une enquête a été ouverte. Elle n'a rien donné non plus.

L'ex-policier a également expliqué qu'il avait emporté dans son bureau la porte des toilettes à travers laquelle Oscar Pistorius avait tiré quatre balles sur Reeva Steenkamp, pour la mettre en lieu sûr.

Elle a été emballée dans des housses mortuaires. "Alors qu'on la transportait les morceaux branlants de la porte bougeaient. J'ai dit qu'il fallait faire très attention", a-t-il noté, ajoutant que les sceaux en avaient été brisés après dix jours, quand la défense a voulu l'examiner. "Des petits éclats sont tombés."

Giliam van Rensburg est revenu sur certains points de détails de sa propre déposition donnée peu après le début de l'enquête, et a reconnu que les différences entre les versions des policiers étaient "étonnantes".

Les maladresses des enquêteurs avaient déjà été mises en cause l'an dernier lors des audiences préalables à la remise en liberté sous caution de Pistorius peu après les faits.

Le chef des inspecteurs Hilton Botha avait notamment admis que les enquêteurs avaient déambulé sur les lieux du crime sans mettre de patins, avant de se voir retirer l'enquête.

La défense a accusé vendredi Giliam van Rensburg de fabriquer son témoignage, afin d'éviter une venue à la barre de M. Botha qui pourrait être embarrassante pour l'accusation.

Il appartiendra à la juge Thokozile Masipa d'estimer si les faux-pas de la police ont été trop importants pour que les pièces à conviction présentées puissent être prises en compte.

Parmi les nombreuses photos montrées à la Cour vendredi, des clichés d'un Oscar Pistorius couvert de sang, torse nu, pris par les enquêteurs peu après leur arrivées sur les lieux du crime. Il regarde l'appareil, l'air impassible.

bur-liu/cpb/hm

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