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Moscou attise le feu avec la menace d'une intervention dans l'est de l'Ukraine

14/03/2014 10:26 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT
Dan Kitwood via Getty Images
SIMFEROPOL , UKRAINE - MARCH 14: A pro Ukrainian protester against the forthcoming referendum in Crimea walks along the road on March 14, 2014 in Simferopol, Ukraine. As the standoff between the Russian military and Ukrainian forces continues in Ukraine's Crimean peninsula, world leaders are pushing for a diplomatic solution to the escalating situation. Crimean citizens will vote in a referendum on 16 March on whether to become part of the Russian federation. (Photo by Dan Kitwood/Getty Images)

Moscou a fait monter les enchères vendredi en brandissant la menace d'une intervention militaire dans l'est russophone de l'Ukraine, au moment où l'Occident promet d'imposer des sanctions après le référendum prévu dimanche sur un rattachement de la Crimée à la Russie.

"Les autorités de Kiev ne contrôlent pas la situation dans le pays (...) La Russie a conscience de sa responsabilité pour la vie de ses concitoyens et compatriotes en Ukraine et se réserve le droit de les protéger", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères, au lendemain de heurts violents survenus la nuit précédente à Donetsk (est de l'Ukraine).

"Le 13 mars à Donetsk, des événements tragiques se sont produits, le sang a coulé", souligne le ministère dans son bref communiqué.

Un partisan de l'unité de l'Ukraine a été tué jeudi par des manifestants pro-russes, premier mort de la crise ukrainienne depuis la prise de contrôle de la Crimée par les forces russes, ont indiqué à l'AFP des responsables régionaux. Seize autres personnes ont été blessées.

Un millier de partisans de Kiev s'était rassemblés à Donetsk. Mais deux fois plus d'Ukrainiens prônant le rapprochement avec Moscou sont apparus. Des heurts violents ont alors commencé.

Ces tensions interviennent alors que la Russie contrôle depuis fin février la péninsule ukrainienne de Crimée, sur la mer Noire. Vladimir Poutine a obtenu du Sénat russe l'autorisation d'utiliser ses troupes en Ukraine pour intervenir au nom de la protection des russophones. De nombreux Ukrainiens craignent que la Russie intervienne maintenant dans l'est du pays, alors que l'armée russe manoeuvre aux portes de l'Ukraine.

"Pourquoi ces déclarations aujourd'hui ? Quand le sang coule, c'est toujours très dangereux", estime au sujet de la déclaration du ministère russe, Alexandre Konovalov, président de l'Institut d'analyses stratégiques.

"Ces paroles ne sont peut-être pas prononcées pour que le sang cesse de couler mais pour attiser les braises. Je n'exclus pas qu'elles soient destinées à la rencontre Kerry-Lavrov, pour montrer que si on ne nous écoute pas, nous pouvons aller plus loin", ajoute-t-il.

"Il faut prendre ce message à la lettre et ne pas lire entre les lignes", rétorque Dmitri Orlov, consultant de l'administration présidentielle. "Je ne m'attends pas au lancement d'actions militaires d'envergure (...) c'est un rappel du fait que la Russie protègera les populations russophones".

Pour Nikolaï Petrov de l'Ecole supérieure d'économie, il s'agit "principalement de rhétorique": "la Russie prend de toute façon la Crimée et propose un marché sur la façon dont elle contrôlera l'est du pays".

Selon Maria Lipman, du centre Carnegie, ces propos sont "liés aux menaces de sanctions": "on renforce la menace et on fait monter les enchères".

"Les forces russes sont postées le long de la frontière ukrainienne, le Conseil de la Fédération a donné à Poutine le droit d'employer la force. C'est une menace. Va-t-elle se réaliser ? Il s'est passé tellement de choses impensables ces derniers jours qu'on ne peut l'exclure", lance Mme Lipman.

A 48 heures du référendum, les Occidentaux tentaient une dernière fois d'infléchir la position du Kremlin, lors d'une rencontre entre le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à Londres.

Si aucune "désescalade" n'est observée d'ici lundi, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne pourraient décider d'imposer des sanctions "ciblées" visant des responsables russes, tel que des restrictions de visas, des gels d'avoirs ou l'annulation du prochain sommet UE-Russie, prévu en juin à Sotchi.

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