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Jour 10: Le débat constitutionnel s'invite dans la campagne électorale

14/03/2014 12:31 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - Le chef libéral Philippe Couillard fait de l'économie sa priorité absolue, mais il parle souvent de constitution depuis le déclenchement des élections, comme ce fut encore le cas vendredi, en ce dixième jour de campagne.

Pendant ce temps, la chef péquiste Pauline Marois a proposé son plan de promotion de l'économie sociale, tandis que le chef caquiste François Legault a préféré parler de solutions au décrochage scolaire.

Le Plan Nord de Jean Charest a aussi refait surface, cette fois ranimé par M. Couillard, qui veut ouvrir toutes grandes les portes du nord du Québec au développement minier, au grand dam de Québec solidaire.

Dix jours après le début de la campagne, les principaux partis ont maintenant, à peu d'exceptions près, terminé de former leur équipe de 125 candidats.

Or, on apprenait vendredi que le Parti québécois avait renoncé à présenter un candidat dans La Pinière, pour favoriser la réélection de l'ex-députée libérale Fatima Houda-Pepin, qui se présente désormais comme indépendante après avoir été expulsée du caucus libéral en janvier. Le PLQ présente le Dr Gaétan Barrette dans cette forteresse libérale.

Il est rare et inusité qu'un grand parti ne présente pas de candidats dans les 125 circonscriptions du Québec, lors d'élections générales.

De passage en Abitibi, le chef libéral Philippe Couillard a précisé sa position sur la place du Québec au sein du Canada, en plaidant pour que soit reconnu le caractère distinct du Québec dans la Constitution canadienne.

Ainsi, dès son éventuelle accession au pouvoir, M. Couillard entreprendrait une tournée du Canada afin de livrer son message à ses homologues provinciaux et aux chefs de partis fédéraux à Ottawa, pour que «la question du caractère spécifique du Québec soit reconnue pleinement».

«Toute conversation sur un autre sujet constitutionnel (comme la réforme du Sénat) ne saurait accueillir notre participation sans que la question de notre province ne soit traitée», a dit M. Couillard.

Mme Marois s'est montrée «estomaquée» par la proposition de M. Couillard, en se demandant s'il fallait en déduire qu'il veut entreprendre une nouvelle ronde de négociations constitutionnelles avec Ottawa et les provinces.

Elle juge que le chef libéral est «difficile à suivre» quand il aborde ces questions. Elle-même a choisi de rester vague sur la formule de consultation qui sera privilégiée lors de la présentation du livre blanc sur l'avenir du Québec, qu'elle promet de déposer si elle est réélue.

M. Couillard était en fait en Abitibi pour annoncer son intention de «ramener à la vie» le Plan Nord défini par son prédécesseur, Jean Charest, notamment en y greffant une offensive majeure de promotion internationale.

Selon lui, depuis l'élection d'un gouvernement du Parti québécois, en 2012, «l'élan minier a été brisé» au Québec.

Ce n'est cependant pas ce que croit Québec solidaire, qui estime que les compagnies minières devraient se voir imposer une redevance spéciale pour restaurer les sites miniers abandonnés et pollués, selon le député et candidat Amir Khadir, de passage lui aussi à Val-d'Or.

Québec solidaire souhaite par ailleurs s'attaquer à l'endettement des familles en annulant les hausses annoncées des tarifs d'électricité et de garderie.

De son côté, à Montréal, la chef péquiste avait indiqué en matinée que son plan d'action en matière d'économie sociale s'articulerait autour de plusieurs axes. Dans chacun de leurs programmes, par exemple, les ministères du gouvernement seraient tenus de prendre en considération les entreprises d'économie sociale.

Le chef caquiste François Legault préférait parler d'éducation. Il est d'avis que la meilleure façon de lutter contre le décrochage scolaire réside dans «le dépistage des enfants à risque dès 3, 4 ou 5 ans».

Il entend déployer dans toutes les écoles primaires et les Centres de la petite enfance (CPE) quelque 500 nouveaux spécialistes: psychologues, orthopédagogues et psycho-éducateurs.

À Sept-Îles, le chef du parti Option nationale, Sol Zanetti, a revendiqué que soit rapatrié au Québec le programme de l'assurance-emploi.

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