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ITS: la gonorrhée résiste maintenant à la plupart des traitements

14/03/2014 11:25 EDT | Actualisé 14/03/2014 11:25 EDT
G W Willis via Getty Images

Loin d'appartenir au passé, cette maladie touche 105 millions de personnes dans le monde et serait en passe de ne plus pouvoir être traitée.

Selon une étude américaine repérée par le magazine en ligne The Verge (ça ne s'invente pas), le gonocoque, bactérie responsable de la gonorrhée (ou blennorragie) aurait muté et serait désormais résistant à la majorité des traitements antibiotiques.

Les traitements habituels à base de penicilline et de tetracyclines ne seraient donc plus efficaces contre les souches les plus répandues de la bactérie. Une mauvaise nouvelle pour les médecins dont les patients atteints de gonorrhée pourraient voir le nombre de thérapies possibles se réduire comme peau de chagrin.

Car avec des symptômes tels que brûlures, gonflement des testicules, pertes vaginales et irritation annales, rappelle The Verge, "ce n'est pas le genre de pathologie que vous ne souhaitez pas traiter". Asymptomatique dans 50% des cas, cette infection peut néanmoins entraîner un risquer accru de grossesse extra-utérine, rendre l'homme infertile, ou encore faciliter la transmission du VIH.

Antibiorésistance

D'après le Center for Disease Control (CDC), une institution de veille épidémiologique américaine, ces souches mutantes pourraient, à terme, rendre parfaitement inutile le seul traitement de première ligne encore capable d'éliminer la bactérie (une injection de cephalosporine, combinée à une dose orale d'azithomycine ou de doxycycline).

En 2012 déjà, l'OMS alertait sur la résistance de ces souches alors qu'en Grande-Bretagne, au Japon et en Norvège, des cas d'échecs de traitement furent enregistrés.

Mais retour aux États-Unis. C'est en analysant les données épidémiologiques de cette maladies dans 17 villes américaines entre 1991 et 2006 que les chercheurs ont pu déterminer comment la bactérie est d'abord devenue résistante à la ciprofloxacine, un antibiotique désindiqué aux États-Unis depuis 2007 alors qu'une étude révélait qu'il ne guérissait que 13,8% des patients.

Mauvaise nouvelle, plus d'antiobiorésistance serait synonyme d'augmentation du nombre d'infections. Et pour cause, si la souche résiste aux antibiotiques, la maladie est plus longue à traiter ce qui augment les chances de transmission de cette bactérie. Toujours selon cette nouvelle étude, pour chaque augmentation de 10% de la résistance de la bactérie, la prévalence de la maladie augmenterait de 7%.

Rapide calcul des chercheurs: étant donné que 820 000 cas sont diagnostiqués chaque année au pays de l'Oncle Sam, 10% de résistance à la cephalosporine en plus provoquerait 57 400 contaminations supplémentaires. Depuis 2007, les doses de cephalosporines nécessaires au traitement de la maladie ont augmenté et des cas de résistance à ce traitement ont été enregistrés au Japon, en Espagne et en France.

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