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General Motors : une défaillance aurait fait au moins 300 morts

14/03/2014 04:22 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT

Au moins 300 personnes seraient mortes à la suite d'une défaillance d'allumage touchant des milliers de véhicules du constructeur General Motors (GM), qui fait face à des pressions grandissantes pour indemniser les victimes.

Une étude publiée jeudi soir par l'organisme Center for Auto Safety (CAS) soutient que 303 décès sont dus à ce problème d'allumage.

L'organisme indique qu'il a compilé les données de collisions et de victimes des autorités américaines afin d'arriver à ce résultat.

GM réfute cette étude, et considère toujours que seulement 12 décès sont attribuables au problème.

Le mois dernier, GM a rappelé 1,6 million de véhicules, dont 236 000 au Canada, en raison d'une défaillance avec le commutateur d'allumage qui a provoqué des coupures de contact subites, parfois à haute vitesse.

Un porte-clés trop lourd, un coup de genou ou un chemin cahoteux peuvent faire bouger le commutateur d'allumage des véhicules concernés et provoquer l'arrêt du moteur en plein trajet.

L'auto peut alors s'arrêter, les coussins gonflables, se désactiver, et les systèmes d'assistance pour la direction et le freinage, également cesser de fonctionner.

Pression grandissante

La pression monte d'ailleurs sur GM afin qu'elle indemnise les victimes de ce problème. Des organismes de défense des consommateurs demandent à la compagnie de créer un fonds d'un milliard de dollars.

Mais plusieurs plaignants ne peuvent poursuivre le constructeur, puisque, sur le plan juridique, le « nouveau » GM ne peut être tenu responsable d'évènements survenus avant sa faillite, en 2009.

« Ne pensez-vous pas du fond de votre coeur qu'il est cruel et injuste d'utiliser ce moyen de défense pour éviter d'être tenu responsable d'un défaut de fabrication que GM a dissimulé et auquel il n'a pas su remédier pendant 10 ans? », écrivent deux associations de défense des consommateurs dans une lettre ouverte adressée à la nouvelle directrice générale du constructeur, Mary Barra.

Dans un communiqué, GM n'a pas écarté la possibilité de créer un fonds d'indemnisation.

« Nos principes tout au long de ce processus ont été dépenser en premier lieu au consommateur et nous continuerons dans cette voie », écrit la compagnie.

Enquête en cours

Le constructeur a attendu le mois dernier pour procéder au rappel des véhicules, alors qu'il a été informé des problèmes qui touchaient le commutateur en 2001, et qu'il a adressé des notes de service aux concessionnaires en 2005.

Le secrétaire aux Transports, Anthony Foxx, a promis une « enquête musclée » afin de savoir pourquoi GM avait tardé à informer les autorités de ce problème.

Le procureur de Manhattan a ouvert une procédure au pénal. La chambre des représentants et le Sénat se penchent également sur la question.

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