NOUVELLES

GB: décès à 88 ans de Tony Benn, figure du Old Labour

14/03/2014 05:11 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT

L'ancien ministre travailliste Tony Benn, figure flamboyante de l'aile gauche du Labour en révolte permanente, est décédé vendredi à l'âge de 88 ans, a annoncé sa famille.

Député pour la première fois en 1950, Tony Benn est mort vendredi matin à son domicile dans l'Ouest de Londres, entouré de sa famille, ont annoncé dans un communiqué ses enfants Stephen, Melissa, Joshua et Hilary, lui-même ancien ministre.

Le chef du gouvernement David Cameron a été l'un des premiers à rendre hommage à "un écrivain, un orateur et un militant magnifique".

L'actuel leader travailliste Ed Miliband a salué "une icône de notre époque", "un champion des gens de peu, un grand parlementaire et un homme de convictions".

Orateur brillant, militant pacifiste convaincu et buveur de thé devant l'éternel - "jusqu'à une pinte par heure", dira-t-il- Tony Benn est né à Londres le 3 avril 1925.

Volontiers rebelle, il s'est fait remarquer par des prises de position souvent à rebours de celles de son parti, devenant l'un des rares à tenir un discours encore plus radical une fois entré au gouvernement.

"Avec l'âge, il devient de plus en plus immature", dira de lui son Premier ministre Harold Wilson.

Secrétaire à l'Industrie et à l'Énergie dans les années 1970, Tony Benn a ainsi milité pour l'instauration d'une république, a voulu abolir la Chambre des Lords, s'est montré très critique envers une Europe "bureaucratique et dominée par l'Allemagne" et s'est battu pour instaurer une loi lui permettant de renoncer au titre de vicomte hérité de son père.

L'ancien étudiant d'Oxford n'a surtout cessé de s'opposer au recentrage du parti, poussant vers un positionnement plus radical, bien que démocrate. Un courant que la presse a fini par baptiser de "bennite".

Poil-à-gratter de la droite, il a hérissé les Tories au point que certains conservateurs portaient des badges "Ban the Benn".

"Tony Benn a suivi sa conscience et milité pour ses valeurs. Que vous soyez d'accord avec lui ou non, tout le monde connaissait sa position et les opinions qu'il défendait. Pour quelqu'un avec des convictions aussi fortes, souvent en désaccord avec celles de son parti, il a gagné le respect de la classe politique toutes sensibilités confondues", a souligné Ed Miliband.

jk/dh/pt

PLUS:hp