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Centrafrique: la mission de paix de l'UE ne sera pas prête à temps

14/03/2014 04:57 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT

PARIS - La mission de maintien de la paix de l'Union européenne (UE) en République centrafricaine ne pourra commencer comme prévu la semaine prochaine parce que certains pays n'ont pas fourni les troupes et les ressources promises, a annoncé le gouvernement français vendredi.

Un diplomate proche des discussions a indiqué que certains pays de l'UE réévaluaient leur contribution à cause du coût, et parce qu'ils préfèrent consacrer leurs ressources aux éventuelles conséquences des tensions entourant la crise en Ukraine. Le diplomate a réclamé l'anonymat parce qu'il n'était pas autorisé à discuter publiquement de ce dossier sensible.

Les 28 pays de l'UE ont décidé le 10 février de soutenir l'opération militaire française visant à faire cesser les violences intercommunautaires entre chrétiens et musulmans en République centrafricaine. Mais ce conflit lointain semble maintenant moins prioritaire pour les pays européens.

Dans un communiqué inhabituellement furieux, les ministères français des Affaires étrangères et de la Défense affirment que les autres pays européens n'ont pas respecté leurs promesses de contribution et que s'ils ne le font pas «très rapidement», la force de maintien de la paix ne sera pas prête.

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a envoyé une lettre aux gouvernements européens cette semaine, les pressant de s'engager dans la mission en Centrafrique. Dans la lettre, que l'Associated Press a obtenue, elle affirme que le non-respect de leurs promesses met à risque l'opération plus large prévue par l'ONU en République centrafricaine, de même que la crédibilité générale de l'UE.

Des dirigeants chrétiens et musulmans de Centrafrique ont appelé vendredi le Conseil de sécurité de l'ONU à se hâter et à déployer rapidement des casques bleus dans le pays.

Dans une allocution commune aux Nations unies, les présidents des communautés musulmane et évangélique du pays, de même que l'archevêque de Bangui, ont prévenu que si aucune action rapide n'est entamée, «la partition de la République centrafricaine mènera à une guerre génocidaire».

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