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A l'Otan, le chef des Tatars de Crimée doute de l'efficacité des sanctions

14/03/2014 10:56 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT

Le leader de la minorité tatare de Crimée, Moustafa Djemilev, a douté vendredi, à l'issue d'une visite au siège de l'Otan à Bruxelles, de l'efficacité des sanctions économiques progressivement mises en place par les Occidentaux pour faire plier la Russie dans le crise ukrainienne.

"Il y a un paquet de mesures destinées à faire payer le prix fort à la Russie si elle ne respecte pas l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Mais que se passera-t-il si la Russie est prête à payer ce prix et se saisi d'une partie de notre territoire?", a déclaré à la presse M. Djemilev à l'issue d'une rencontre avec le secrétaire général adjoint de l'Otan et avec des ambassadeurs de pays membres.

"Oui, ils paieront le prix. Peut-être des centaines de milliards de dollars. Mais se passera-t-il ensuite? Nous n'avons pas la réponse", a poursuivi le dirigeant historique des tatars de Crimée, qui s'oppose au rattachement de la péninsule à la Russie.

M. Djemilev, qui a réitéré son appel au boycott du référendum organisé dimanche par les pro-russes de Crimée, qu'il juge "absurde et illégitime", a expliqué avoir dit à ses interlocuteurs de l'Otan qu'il souhaiterait "voir des Casques bleus de l'ONU sur le territoire de la Crimée".

Mais il s'est aussi dit convaincu que Moscou s'opposerait à une telle mission en usant de son droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies.

"Une décision de l'Otan d'utiliser tous les moyens ne nécessite pas nécessairement une résolution du Conseil de sécurité, comme cela s'est passé au Kosovo", a-t-il argumenté. "Généralement, l'ONU ou l'Otan le fait seulement quand il y a un massacre. Nous voudrions que cela arrive avant qu'ils ne commencent à nous massacrer", a encore lancé M. Djemilev.

"Mais bien sûr, nous avons entendu qu'il n'y a pas de discussion sur l'utilisation de forces armées, mais d'une série de mesures qui coûteront cher à la Russie", a dit le représentant des Tatars, interrogé sur les résultats de ses discussions avec les responsables de l'Alliance atlantique.

La communauté musulmane des Tatars, représente de 12 à 15% des deux millions d'habitants de la Crimée.

Déportés sous Staline, les Tatars de Crimée sont opposés à la sécession de la péninsule. Ils avaient soutenu la contestation visant l'ancien président pro-russe ukrainien Viktor Ianoukovitch.

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