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Yémen: 6 rebelles chiites, 2 soldats tués dans un accrochage près de Saana

13/03/2014 07:26 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT

Six rebelles zaïdites chiites et deux soldats ont été tués dans un accrochage jeudi dans la région de Hamdan, près de la capitale yéménite, selon des sources tribales et de sécurité.

Huit rebelles ont également été blessés dans l'accrochage à Qaratel, un secteur montagneux de Hamdan à 20 km au nord-ouest de Sanaa, a-t-on ajouté de mêmes sources.

L'accrochage, qui a suivi une embuscade tendue à l'armée, est survenu après des affrontements ayant opposé ces trois derniers jours rebelles et hommes de tribus, partisans du mouvement islamiste Al-Islah, et qui ont fait au moins 22 morts, selon des sources tribales.

L'armée est intervenue pour mettre fin à ces affrontements, qui s'étaient poursuivis par intermittence malgré des informations contradictoires sur un retrait des rebelles des abords de sept localités de Hamdan où ils avaient pris position dans leur progression en direction de la capitale.

S'ils se sont retirés de l'axe routier reliant Sanaa, via Hamdan, aux provinces voisines d'Omran et d'Al-Mahwit, les rebelles ont maintenu des barrages dans certains villages de la région, ont indiqué les sources tribales.

Au moins trois points de contrôle étaient toujours tenus jeudi matin par des rebelles zaïdites autour de Shibam et Thula, deux localités de Hamdan, ont indiqué à l'AFP des habitants.

Les rebelles zaïdites, dits aussi houthis, avaient pris début février, à la faveur d'affrontements qui avaient fait quelque 150 morts, des localités de la province d'Omran, plus au nord, en délogeant le clan des Al-Ahmar, les puissants chefs de la confédération tribale de Hached.

"Le déploiement des houthis avec leur armement lourd à Hamdan s'inscrit dans le cadre d'un plan bien concerté avec leurs alliés à Sanaa pour prendre le contrôle de la ville de Omran et assiéger la capitale", a déclaré à l'AFP une source militaire.

En parlant d'alliés des houthis, cette source, qui a requis l'anonymat, fait allusion à l'entourage de l'ancien président Ali Abdallah Saleh, poussé au départ l'an dernier sous la pression de la rue et soupçonné de nouer des alliances avec les adversaires des autorités intérimaires au Yémen.

Selon des sources politiques, les rebelles zaïdites, fortement implantés dans le nord du pays où ils contrôlent notamment la province de Saada, tentent de gagner du terrain pour élargir leur zone d'influence dans le futur Etat fédéral au Yémen.

Les houthis et des séparatistes sudistes ont rejeté le découpage du pays en six entités, décidé au terme d'un dialogue national, et qui établit une fédération de quatre régions dans le Nord et de deux dans le Sud.

Les premiers estiment qu'il divise le Yémen entre "régions pauvres et régions riches" et les seconds affirment qu'il ne répond pas à leurs aspirations.

Les délégués sudistes au dialogue réclamaient que le futur Etat fédéral soit formé de deux entités, Nord et Sud, reprenant l'ancienne division du pays, le Sud étant un Etat indépendant avant 1990.

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