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Ukraine: Merkel met en garde Moscou contre de graves conséquences à long terme

13/03/2014 05:20 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT

La chancelière allemande Angela Merkel a lancé une mise en garde jeudi à la Russie contre les graves conséquences à long terme qu'aurait pour Moscou la poursuite de son action en Ukraine, dans une déclaration au Parlement.

"Si la Russie continue sur la même voie que celle des dernières semaines, ce n'est pas seulement une catastrophe pour l'Ukraine (...), cela nuit aussi et surtout massivement à la Russie, j'en suis convaincue, économiquement, comme politiquement", a lancé Mme Merkel devant les députés du Bundestag.

Mme Merkel, qui a vécu jusqu'après ses trente ans dans la RDA communiste, a appelé à résoudre les conflits en Europe "avec les principes du 21e siècle", et non en suivant ceux du 19e et 20e, qui ont plongé le continent dans la Première et Seconde Guerre mondiale, puis dans la guerre froide.

"On ne peut pas revenir en arrière", a-t-elle asséné, tout en soulignant que la Russie devait apprendre des erreurs du passé, alors que l'Europe marque cette année le centenaire du début de la Première Guerre mondiale et les 25 ans de la chute du Mur de Berlin.

Excluant une éventuelle action militaire pour résoudre la crise ukrainienne, Mme Merkel a plaidé, sous les applaudissements, pour une solution politique et diplomatique avec l'instauration d'un groupe de contact, qu'elle appelle de ses voeux depuis dix jours.

La chancelière allemande, qui parle très bien le russe, entretient des rapports complexes avec le président Vladimir Poutine, qui fut un responsable du KGB dans l'ex-RDA et parle allemand.

Contrairement au dirigeant russe qui a vécu l'effondrement de l'Union soviétique comme une catastrophe, Mme Merkel a entamé à la chute du Mur de Berlin une carrière politique qui l'a conduit à la chancellerie.

La chancelière allemande est considérée comme la dirigeante européenne la plus influente dans la crise ukrainienne, bien qu'elle soit accusée de rechigner à mettre une réelle pression sur la Russie, en raison des liens économiques qui unissent les deux pays.

Lors d'une visite mercredi à Varsovie, Mme Merkel avait réaffirmé, avec le Premier ministre polonais, Donald Tusk, que l'UE était prête à passer dès lundi à la "seconde étape des sanctions" à l'égard de la Russie, si Moscou refusait toujours d'ici-là de discuter avec Kiev dans le cadre d'un "groupe de contact" international.

Ces sanctions doivent comprendre le gel des avoirs et l'interdiction de visas à l'égard de personnalités russes et ukrainiennes considérées comme responsables de la crise.

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