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Ukraine: l'Allemagne prévient la Russie de conséquences énormes

13/03/2014 08:45 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT

BERLIN - La Russie s'expose à des conséquences économiques et politiques «énormes» si Moscou ne s'engage pas dans des négociations constructives pour résoudre la crise ukrainienne, a prévenu jeudi la chancellière allemande Angela Merkel.

Le secrétaire d'État américain John Kerry y est allé de sa propre mise en garde, en prévenant la Russie qu'elle fera l'objet de mesures immédiates et «très graves» si elle annexe la région ukrainienne de la Crimée.

Mme Merkel a déclaré aux parlementaires allemands que ce conflit sera résolu grâce à la diplomatie et les a assurés que «l'option militaire n'est pas sur la table».

Elle a ensuite ajouté que l'Union européenne et d'autres pays occidentaux sont sur le point de geler des comptes bancaires et d'imposer des restrictions de voyage si la Russie refuse d'entamer des discussions «dans le but d'en venir à des résultats et non seulement pour gagner du temps».

Si Moscou ne commence pas alors à désescalader la crise, a poursuivi la chancellière allemande, les 28 pays de l'Union européenne, les États-Unis et d'autres partenaires transatlantiques sont prêts à adopter des mesures encore plus musclées qui frapperont l'économie russe.

«Si la Russie poursuit sur sa trajectoire des dernières semaines, ce ne sera pas seulement une grande catastrophe pour l'Ukraine, a lancé Mme Merkel lors de cette allocution télévisée à travers le pays. Cela causera des dommages énormes à la Russie, autant économiquement que politiquement.»

Elle a ajouté que la décision de la Russie de déployer des forces en Crimée représente une entorse évidente au droit international. Elle a ensuite accusé Moscou de chercher à intimider son petit voisin avec des tactiques dignes du 19e siècle.

Mme Merkel a précisé que les puissances occidentales «travaillent à une solution politique et diplomatique» pour sortir de la crise, y compris l'ouverture d'un canal de communications directes entre Kiev et Moscou, mais que toute éventualité de voir la Crimée quitter l'Ukraine est impensable.

«Permettez-moi d'être absolument claire pour éviter toute méprise: l'intégrité territoriale de l'Ukraine n'est pas ouverte à discussion», a-t-elle lancé.

L'Union européenne a déjà suspendu les négociations avec la Russie concernant un programme de visas préférentiels, tandis que les ministres des Affaires étrangères du bloc se rencontreront lundi pour discuter des mesures à prendre si Moscou ne change pas d'attitude, a dit Mme Merkel.

«Personne ne souhaite en venir à ça, mais nous sommes préparés et déterminés», a-t-elle dit.

De son côté, M. Kerry a déclaré jeudi à un comité du Sénat que la Russie doit s'attendre à voir les États-Unis et l'Union européenne adopter des mesures contre elle dès lundi, en cas d'annexion de la Crimée. M. Kerry doit rencontrer son homologue russe, Sergeï Lavrov, à Londres ce vendredi pour tenter de désamorcer la crise.

Il a dit espérer que le bon sens prévaudra, avant de prévenir que rien ne le garantit.

Pour sa part, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a annoncé la suspension de ses pourparlers d'accession avec la Russie.

L'OCDE fait la promotion de la bonne gouvernance et des initiatives économiques parmi ses 34 pays membres, qui sont principalement issus du monde développé.

La Russie négocie son accession à l'OCDE depuis mai 2007.

L'OCDE a enfin fait savoir qu'elle accueillera positivement toute demande de rapprochement de la part de l'Ukraine.

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