BIEN-ÊTRE

Sur 10 thés testés, 5 contiennent trop de pesticides

12/03/2014 11:51 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT
ondacaracola photography via Getty Images

Après l'eau, le thé est la deuxième boisson la plus bue sur la planète. Il s'en boit chaque seconde environ 15 000 tasses. Au Canada, c'est 10 milliards de tasses par année. Et dans tous ces litres de thé qu'on boit, on trouve de nombreux résidus de pesticides.

Un texte d'Alain Roy, L'épicerie Courriel

C'est ce que révèlent deux études menées en 2010 et 2011 par l'Agence canadienne d'inspection des aliments qui a analysé la présence de résidus de pesticides dans des sachets de thé de marques populaires.

Résultat : 50 % des produits analysés contiennent des traces de pesticides qui dépassent les limites maximales de résidus en vigueur selon la Loi sur les produits antiparasitaires. Dans son rapport, l'Agence affirme que « toutes les violations ont été évaluées et un suivi approprié a été fait ».

« Les limites maximales de résidus sont des valeurs guides, ce ne sont pas des seuils toxicologiques, précise Onil Samuel, conseiller scientifique à l'Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ). Elles servent à s'assurer qu'on va rester à un niveau somme toute sécuritaire. »

Encore des résidus deux ans plus tard

En vertu de la Loi sur l'accès à l'information, L'épicerie a obtenu la liste des produits analysés par l'Agence en 2011.

Pour voir si le « suivi approprié » a porté fruit, nous avons fait analyser à nouveau dix des mêmes produits de marques populaires dont les résidus de pesticides dépassaient les limites maximales en 2011.

Nouvelles analyses, mêmes résultats : la moitié des échantillons analysés contiennent encore des résidus de pesticides qui dépassent les limites.

Des traces de 22 pesticides 

Si le thé Red Rose ne contient aucune trace de pesticide, le thé vert « Légendes de Chine » contient quant à lui des traces de 22 pesticides différents dont six dépassent les limites en vigueur au Canada.

Joint en Californie, le vice-président de l'entreprise, James O. Young, mentionne que « le thé est le produit agricole qui requiert le plus d'insecticides puisque c'est la feuille qu'on utilise et non le fruit. Nous encourageons fortement la consommation de thés biologiques. » À propos du suivi de l'Agence canadienne, il précise n'en avoir jamais entendu parler.

Selon le chercheur et grand amateur de thé Richard Béliveau, « d'un point de vue biochimique, il n'y a aucune crainte à avoir par rapport à des traces résiduelles parce que le corps humain n'est pas faible. Il n'est pas vulnérable, il est très fort. On sait que ce sont des produits toxiques mais c'est la dose qui fait le poison, n'importe quel produit peut être toxique si on en prend en quantité trop grande ».

Onil Samuel, de l'INSPQ, nuance ces propos : « L'inquiétude est davantage en lien avec l'accumulation des sources d'exposition. On sait qu'on retrouve des pesticides dans l'alimentation, on en retrouve dans l'environnement. »

Des mesures suffisantes?

Il n'en demeure pas moins que les limites maximales de résidus en vigueur au Canada ne sont pas respectées dans cinq produits de marques populaires vendus au pays. Invitée à commenter ces résultats, l'Agence canadienne répond par écrit : « Lorsque le niveau de danger n'est pas susceptible de présenter de risques pour les Canadiens, des mesures d'application de la loi moins rigoureuses peuvent s'avérer appropriées. »

Mais selon David R. Boyd, avocat en droit environnemental et professeur associé à l'Université Simon Fraser à Vancouver, « on prend des mesures plus rigoureuses aux États-Unis. Les stocks sont saisis aux douanes, des accusations sont déposées contre les manufacturiers. Les mesures prises par l'Agence canadienne ne sont ni adéquates, ni efficaces. »

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