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Russie : les Pussy Riot ouvrent un centre pour les droits des prisonniers

13/03/2014 10:11 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT
AFP via Getty Images
Russian punk group Pussy Riot members Nadezhda Tolokonnikova (L) and Maria Alyokhina (R) sing outside Zamoskvoretsky district court in Moscow, on February 24, 2014, during a protest against the trial of eight people accused of instigating mass riots after an opposition rally on Moscow's on Bolotnaya square turned violent on the eve of Vladimir Putin's inauguration as president in 2012. A Russian court resumed today the sentencing of the eight anti-Putin protesters found guilty of mass riots as police detained dozens of people protesting against the trial. AFP PHOTO / VASILY MAXIMOV (Photo credit should read VASILY MAXIMOV/AFP/Getty Images)

Les deux jeunes femmes du groupe contestataire russe Pussy Riot récemment libérées de prison ont ouvert jeudi un centre pour défendre les droits des prisonniers des camps de Mordovie, une région où l'une d'entre elles avait purgé sa peine.

"Nous avons beaucoup parlé de ces camps, de la situation dans certains endroits, et nous sommes parvenues à la conclusion que la Mordovie a, plus que n'importe quel autre lieu, besoin d'un centre des droits de l'homme", a annoncé Maria Alekhina au cours d'une conférence à Saransk, en Mordovie.

Le centre sera installé dans l'un des nombreux complexes pénitentiaires de la région de Mordovie, à plus de 500 km à l'est de Moscou. Il s'agit "probablement le plus terrifiant réseau de camps et nous le savons d'expérience", a rappelé sa camarade Nadejda Tolokonnikova dans cette conférence dont une vidéo a été postée par un site d'informations local, Pro Gorod Saransk.

Condamnée avec Maria Alekhina à deux ans de camp pour avoir chanté début 2012 une "prière-punk" contre le président russe Vladimir Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, Nadejda Tolokonnikova avait purgé la plus grande partie de sa peine dans la colonie pénitentiaire pour femmes n°14, en Mordovie.

Pour dénoncer les conditions dans son camp de travail qu'elle a décrites comme étant proches de l'"esclavage", elle avait observé plusieurs grèves de la faim.

"Ils peuvent te frapper, ou finalement te battre à mort et personne n'en saura jamais rien... C'est vraiment horrible ici et nous espérons travailler là-dessus", a expliqué Maria Alekhina.

Le centre, qui aura un numéro d'appel d'urgence pour les victimes d'exactions en prison ou pour leurs proches, sera dirigé par l'ancien responsable d'un service psychologique pénitentiaire, Vladimir Rubachny.

"Les gens sont transformés en bétail, ils n'ont pas d'autre choix que de devenir des personnes pires qu'avant, et par conséquent le taux de récidive est l'un des plus élevés au monde", a-t-il souligné. "Je voudrais vraiment que la situation en Mordovie change, bien qu'il y ait énormément de travail à faire."

Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina avaient toutes les deux presque fini de purger leur peine quand elles ont été amnistiées par le président russe Vladimir Poutine en décembre.

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