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Robert Fico, social-démocrate favori à la présidentielle slovaque

13/03/2014 01:45 EDT | Actualisé 12/05/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre social-démocrate slovaque Robert Fico, qui brigue la présidence de son pays, est connu pour sa ténacité et son franc-parler.

Cet ancien avocat âgé de 49 ans, passionné de football et de voitures de sport, s'est lancé en politique dans les rangs du parti communiste, peu avant la chute du régime totalitaire lors de la "Révolution de velours" de 1989.

Né le 15 septembre 1964 près de Topolcany, petite ville située à 100 km au nord-est de Bratislava, ce spécialiste en droit pénal, diplômé de la faculté de droit de Bratislava, a adhéré au Parti de la gauche démocratique (SDL, ex-communiste) après la partition de l'ex-Tchécoslovaquie (1993).

Bon orateur, parfois qualifié de populiste et de démagogue, parlant couramment l'anglais et très soucieux de préserver sa vie privée, le Premier ministre s'est fait un nom en tant que représentant de la Slovaquie auprès de la Cour européenne des droits de l'Homme à Strasbourg.

Mais après avoir été négligé pour un poste ministériel en 1998 par le SDL, il décide de fonder un an plus tard son propre parti social-démocrate, le SMER-SD, et réussit par la suite à fédérer ainsi la gauche slovaque.

Il s'impose aux élections législatives en 2006 face à la coalition de centre-droit au pouvoir, et se voit alors catapulté au poste de Premier ministre.

Il devient rapidement le responsable politique le plus populaire du pays, en promettant de protéger les pauvres et en évitant de prendre des mesures d'austérité trop rigoureuses face à la crise économique.

M. Fico assure que ce sont les "forts et les riches" qui doivent porter le fardeau de la consolidation des finances publiques et il se livre à une critique impitoyable des réformes, certes douloureuses mais appréciées par les milieux d'affaires, menées par l'ancien gouvernement du chrétien-démocrate Mikulas Dzurinda.

Le premier mandat de M. Fico à la tête du gouvernement (2006-2010) a culminé avec l'entrée du pays dans la zone euro en 2009.

En 2012, il remporte haut la main les législatives anticipées, face à la droite fatalement affaiblie par des allégations de corruption.

Bénéficiant de 83 sièges sur l'ensemble de 150 au sein du Parlement monocaméral, le Smer-SD domine la scène politique locale. D'où les craintes concernant une éventuelle monopolisation du pouvoir.

- Cohabitation 'dangereuse' -

"Robert Fico est jeune et ambitieux. Il pourra tenter d'agir de sorte que la démocratie parlementaire bascule en système présidentiel, par le biais de la modification des lois et de la Constitution", estime l'analyste Marian Lesko.

M. Fico, qui fait figure de favori lors de cette présidentielle, estime qu'une cohabitation d'un président et d'un parlement de différentes allégeances politiques serait "dangereuse" pour son pays de 5,4 millions d'habitants.

"Nous ne pouvons pas nous permettre d'avoir un président qui chercherait un conflit avec le gouvernement et le Parlement", affirme-t-il.

Depuis le début de son second mandat en avril 2012, il a supprimé l'impôt à taux unique de 19%, considéré comme un important moteur du succès économique du pays, attirant des investissements étrangers.

Le Parlement a porté à 22% l'impôt sur les sociétés et à 25% l'impôt sur le revenu des personnes gagnant plus de 39.000 euros par an.

Le ministère de l'Economie table sur une croissance de 2,3% en 2014, grâce notamment aux exportations d'automobiles et de produits électroniques.

M. Fico est marié. Son épouse, Svetlana, est enseignante à la faculté de droit de Bratislava. Le couple a un fils, Michal.

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