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«Nymph()maniac», les 3 bonnes raisons d'aller voir le film de Lars Von Trier (PHOTOS)

13/03/2014 11:06 EDT | Actualisé 13/03/2014 11:06 EDT
Metropole Films Distribution

Des scènes de cul, les deux volumes que constitue Nymph()maniac, la sublime odyssée signée par Lars Von Trier n’en manquent pas. Par contre, pour tous les voyeurs qui sont prêts à courir dans les salles obscures afin de se rincer l’œil, ils feraient mieux d’aller louer un vrai film porno au risque d’être bien déçu. Car l’intérêt et la force brute de ce diamant noir résident ailleurs. Voici nos 3 bonnes raisons d’aller voir le film.

1 – Un récit troublant et poétique

Nymph()maniac est scindé en deux parties (volume 1 et 2) et existe également en deux versions, l’une expurgée au grand dam du réalisateur danois, l’autre intégrale présentée à ce jour uniquement à la dernière Berlinale. De plus, chacun des épisodes est morcelé en huit chapitres.

Deux films donc en apparence bien distincts, mais qui n’en forment qu’un puisque l’ensemble est basé sur les confessions composées d’incessants aller-retour d’une nymphomane à un vieux célibataire. Ainsi durant près de quatre heures, la femme battue et recueillie dans une ruelle raconte à son bienfaiteur encore puceau son parcours existentiel dominé par le sexe.

L’expérience anti-érotique est franchement fascinante. On sent le souci du réalisateur à se renouveler constamment. Quittant le lyrisme wagnérien du très stylisé Melancholia, son chef-d’œuvre précédent, il nous entraîne avec humour, perversité et violence au cœur des méandres de la déviance avec un plaisir misanthrope non dissimulé.

Toutefois, on aurait tort de s'arrêter là. Même si Lars Von Trier dissimule la lumière dans un tas d’immondices qui révèle la noirceur d’un monde où l’hypocrisie humaine règne en maître, la poésie surgit au détour de plusieurs séquences anthologiques.

2 – Une distribution d’enfer

Charlotte Gainsbourg, Stacy Martin, Stellan Skarsgard, Shia LaBeouf, Jamie Bell, Uma Thurman, Christian Slater, Willem Dafoe et Jean-Marc Barr… que dire de plus?

3 – Une œuvre unique

Le 7e art, jadis frondeur, caustique et baveux n’a vraiment plus rien de bien scandaleux à nous offrir. Hormis Lars Von Trier et quelques trop rares cinéastes encore courageux, le conformisme semble malheureusement avoir envahi les bobines de notre 21e siècle.

Sa nymphomane est une héroïne rongée par le besoin phallique. Ce qui symbolise une arme dans la première partie du film – adolescente, elle attire les hommes à sa chair pour briser la faiblesse du sentiment amoureux et surtout tuer le sentimentalisme qu’elle exècre – devient par la suite un fardeau insupportable à porter.

Par contre, la deuxième partie, d’une désespérance absolue est l’occasion pour le cinéaste d’aborder les thèmes qui lui sont chers comme la souffrance causée par la culpabilité n’hésitant pas à convoquer à la pelle religion, philosophie et psychanalyse.

Par son radicalisme souvent nihiliste et sa cruauté sadomasochiste, Nymph()maniac peut choquer, voir horrifier. Le génial Lars Von Trier est un provocateur et s’assume. Toutefois, l’œuvre-somme véritable voyage dans l’univers complexe de la sexualité féminine, dépasse la simple anecdote et frappe par son originalité. Un film dur, mais nécessaire. Un classique instantané!

Nymph()maniac - volume 1 et 2 (Nymph()maniaque) – Métropole Films Distribution – Drame érotique – 240 minutes – Sortie en salles le 21 mars 2014 – Danemark, Allemagne, France.

EN IMAGES:

«Nymph()maniac» de Lars Von Trier en images

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