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Manifestations au Venezuela : 28 morts et 365 blessés (procureur)

13/03/2014 11:39 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT

Le bilan des violences au Venezuela s'établit à 28 morts et 365 blessés, a annoncé jeudi le procureur général, Luisa Ortega Diaz, à Genève, en marge du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

"Au total il y a eu 28 morts" depuis le début de la contestation, a déclaré Mme Diaz, s'exprimant au cours d'une conférence organisée par le Venezuela sur les "avancées" réalisées par son pays en matière de droits de l'homme.

Sur ces 28 personnes ayant perdu la vie, l'une exerçait la profession de procureur et trois autres étaient membres de la Garde nationale, a précisé la responsable du ministère public vénézuélien.

Elle a fait en outre état de 365 blessés, dont 109 fonctionnaires qui étaient des membres de la Garde nationale ou des différents corps de police vénézuéliens.

Le Venezuela est secoué depuis le début février par un mouvement de protestation, lancé au départ par des étudiants, et qui a fait tache d'huile dans tout le pays, portant sur l'insécurité, l'inflation et les pénuries, notamment de denrées alimentaires. Chaque jour connaît son lot de manifestations, de blocages de rues et d'escarmouches entre manifestants radicaux et forces de l'ordre.

La grogne a débuté après la tentative de viol d'une étudiante sur le campus de San Cristobal.

Jeudi à Genève, Mme Diaz a affirmé que "le droit à manifester n'était pas absolu", expliquant que "les citoyens avaient le droit de manifester pacifiquement et sans armes".

"Ce qui a commencé au Venezuela comme une manifestation pacifique s'est transformé en violences et en chaos", a-t-elle estimé, précisant que les autorités avaient notamment saisi pendant les manifestations 25 armes à feu, du matériel explosif dit C4 et plus de 200 engins incendiaires, notamment.

Mais "le ministère public ne permettra pas les détentions arbitraires", a-t-elle insisté, précisant qu'actuellement "106 personnes étaient toujours privées de liberté", dont 15 fonctionnaires.

Elle a indiqué que les autorités avaient été informées de plusieurs cas de violations des droits de l'homme, et que 42 enquêtes à ce sujet étaient en cours en vue de sanctionner les responsables.

Au cours de la conférence, les représentants de plusieurs pays ont apporté leur soutien au Venezuela, dont Cuba, l'Equateur, le Nicaragua, la Russie et la Chine.

Un représentant du secrétaire d'Etat américain pour la démocratie, les droits de l'homme et le travail, Scott Busby, a en revanche dénoncé "les détentions arbitraires et le recours excessif à la force contre les manifestants et la presse". Il a demandé une "enquête exhaustive" sur les violences et jugé "impératif" qu'une tierce partie facilite le dialogue entre le gouvernement et l'opposition.

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