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Les Slovaques élisent leur président, le PM Fico en position de force

13/03/2014 01:45 EDT | Actualisé 12/05/2014 05:12 EDT

Les Slovaques votent samedi au premier tour de l'élection présidentielle, avec comme candidat favori l'actuel Premier ministre Robert Fico dont l'éventuelle victoire risque de conduire à une monopolisation du pouvoir par son parti social-démocrate Smer-SD.

M. Fico, un ex-communiste âgé de 49 ans, est l'un des 14 prétendants. Sauf surprise, le premier tour sera suivi le 29 mars d'un second tour destiné à départager les deux candidats ayant recueilli le plus grand nombre de voix.

Fort d'environ 35% des intentions de vote dans les sondages, le chef du gouvernement est censé affronter au second tour un millionnaire devenu philanthrope, Andrej Kiska, un centriste sans parti.

Agé de 51 ans, M. Kiska est un novice dans l'arène politique. Souvent jugé peu charismatique, il est appuyé par quelque 24% des électeurs.

L'acteur Milan Knazko, figure de proue de la "Révolution de velours" de 1989 qui a balayé le régime totalitaire, le jeune et ambitieux avocat Radoslav Prochazka et l'ex-chef chrétien-démocrate du Parlement Pavol Hrusovsky briguent aussi la présidence.

Premier ministre en 2006-2010 et depuis 2012, Robert Fico s'est assuré un capital politique solide, grâce à sa politique anti-austérité tempérée par la discipline budgétaire.

Disposant de 83 sièges sur les 150, son parti Smer-SD contrôle depuis 2012 le Parlement monocaméral.

L'élection présidentielle constitue ainsi un "référendum sur le gouvernement de Robert Fico et la concentration du pouvoir", selon l'analyste Grigorij Meseznikov de l'Institut des Affaires publiques à Bratislava, interrogé par l'AFP.

Si M. Fico sort victorieux du scrutin, son parti contrôlera à la fois la présidence, le Parlement et le gouvernement, une situation inédite depuis l'indépendance de la Slovaquie en 1993.

D'autres changements du paysage politique ne sont pas à exclure dans ce pays de 5,4 millions d'habitants membre de l'UE et de la zone euro, selon l'analyste Marian Lesko de l'hebdomadaire économique Trend.

"Robert Fico pourrait essayer de transformer l'actuel système parlementaire en système présidentiel, en modifiant les lois et la Constitution pour renforcer les pouvoirs du chef de l'Etat", a déclaré M. Lesko, à l'AFP.

Le chef du Parlement Pavol Paska, le ministre de l'Intérieur Robert Kalinak et le ministre de la Culture Marek Madaric, tous alliés fidèles de M. Fico au sein du Smer-SD, sont cités comme ses successeurs potentiels à la tête de l'exécutif.

- Politicien contre bienfaiteur -

A quelque jours du scrutin, l'opinion publique était divisée à Bratislava.

"Je ne veux pas Fico pour président", martèle Peter Sramek, 46 ans, vendeur à un marché fermier.

"C'est dangereux de voir un parti gérer l'ensemble du pays, sans que personne ne puisse le contrôler", estime-t-il.

Mais Elena, une retraitée de 78 ans qui refuse de dévoiler son nom de famille, apprécie bien le Premier ministre.

"Il a fait beaucoup pour les pauvres, et surtout pour nous les retraités", affirme-t-elle à l'AFP, avant d'ajouter que M. Fico est à ses yeux "plus compétent que ses adversaires".

Quant aux partisans de M. Kiska, ils apprécient avant tout ses talents lui ayant permis de faire fortune, son action de philanthrope et le fait qu'il reste à l'abri des allégations de corruption qui avaient éclaboussé en 2012 la droite slovaque.

S'il réussit son pari, il deviendra le premier chef de l'Etat sans passé communiste depuis l'indépendance de la Slovaquie en 1993.

"Il a donné tout son argent à des oeuvres de bienfaisance. Je place en lui mes espoirs", déclare Nikoleta, une institutrice de 37 ans.

Les deux principaux candidats se présentent comme euroenthousiastes. La politique pro-européenne de Bratislava ne peut donc que sortir renforcée de cette élection présidentielle.

Le nouveau président prêtera serment le 15 juin, après l'expiration du second mandat de l'actuel président de gauche, Ivan Gasparovic.

Les quelque 4,4 millions d'électeurs slovaques sont invités aux urnes entre 06H00 et 21H00 GMT samedi. Les résultats du premier tour doivent être connus dimanche.

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